samedi 9 mars 2013

Between Borders live @ Heinrich Spoerl Fabrik, Düsseldorf, 3 mars 2013


Formé à Düsseldorf en 2009, Between Borders s’est d’abord fait remarquer dans la rue avant d’attirer l’attention de grandes marques de hi-fi et de participer à leurs campagnes de publicité. Après un premier disque publié en septembre 2012, le groupe germano-australien préparait déjà le suivant, dont il venait présenter le premier clip, Water, dans le cadre de la Heinrich Spoerl Fabrik de Düsseldorf. Mais qui sont ces jeunes musiciens ?

 

Between Borders : Julian Benner, Ben Yates, Oliver Vogel, Lukas Heerich / source : myspace.com/betweenbordersmusic
Between Borders : Julian Benner, Ben Yates, Oliver Vogel, Lukas Heerich

Düsseldorf, le 3 mars 2013

La projection du clip de Between Borders à la Spoerl Fabrik / photo S. Mazars
La Heinrich Spoerl Fabrik
A la fois bar et restaurant, la Heinrich Spoerl Fabrik est l’un des hauts lieux du quartier branchés de Pempelfort, dans le nord de Düsseldorf. Accessible seulement par une arrière-cour, elle a été fondée sur le site d’une usine désaffectée, endroit rêvé pour accueillir toutes sortes de manifestations et de happenings. Ce soir, dans le coin lounge du bar, le groupe local Between Borders donne un concert gratuit, soit une dizaine de chansons, entrecoupées par la projection sur grand écran, dans la cour, de la première vidéo extraite du prochain album. Si Between Borders chante en anglais, ce n’est pas par choix stratégique, mais parce que son chanteur et guitariste, le charismatique Ben Yates, 26 ans, est lui-même Australien. En décidant de s’installer en Allemagne, cet ancien athlète a aussi abandonné le triathlon au profit de la musique. L’association avec le guitariste du cru Julian Benner, complétée par la suite avec le bassiste Oliver Vogel et le batteur Lukas Heerich, donne à la formation sa physionomie actuelle. Le groupe occupe aujourd'hui ce territoire à la frontière entre l’ombre et la lumière, entre un anonymat relatif et une célébrité qui ne l'est pas moins. Une période où tout semble possible mais où la moindre inattention peut renvoyer dans les limbes de la confidentialité. Between Borders s’est d’abord produit dans la rue, aux entrées des supermarchés, avant de poster régulièrement des démos sur sa page MySpace. Inspirées et raffinées, les chansons électro-pop – l’un des deux guitaristes n’est jamais loin d’un Moog – jouées à cette époque leur permettent de remporter tous les concours auxquels ils participent.




Mais c’est véritablement l’association avec Tro/Entertain, en 2010, qui va permettre aux Between Borders de prendre leur envol. Le label, lui-même établi à Düsseldorf, s’est fait une spécialité du rapprochement entre les artistes et les marques [1]. Tro place ainsi l’une des chansons du groupe, le futur single Free, auprès d’une grande marque de hi-fi, Bose, qui en fait aussitôt la bande originale de la campagne de pub de son nouveau SoundDock 10. En 2011, un autre concours, organisé par Vodafone, permet à Between Borders d’assurer la première partie du rappeur Clueso le 10 juin au Air Berlin Hangar de Düsseldorf, devant 5000 spectateurs. Le spot de Bose, la publication sur Youtube de la vidéo de Free en novembre, puis la sortie sur les plateformes de téléchargement, le 23 février suivant, du premier EP, Asymmetrical EP, permettent pour la première fois à Ben Yates et ses amis de se faire remarquer en dehors des frontières de l’Allemagne. En Australie, bien sûr, mais aussi en Grande-Bretagne, où Free passe à la télé, et… en Russie, où Between Borders finit même par aller jouer, le 13 avril à Saint-Pétersbourg et le 14 à Moscou. Le mois suivant, c’est au tour de Denon de choisir une chanson de Between Border, Morning Call, pour accompagner le lancement de son nouvel ampli. Le premier album, Asymmetrical Edged Wonderland, a été publié le 12 septembre dernier, après deux ans de travail. Chansons travaillées et accrocheuses, inventives et alertes : les quatre garçons ont délivré un travail extrêmement solide. Pourtant, dès le mois de janvier 2013, le groupe annonçait sur sa page Facebook être déjà en train d’achever le second opus en studio.

Between Borders à la Heinrich Spoerl Fabrik, 3 mars 2013 / photo S. Mazars
Between Borders à la Heinrich Spoerl Fabrik
Tous les morceaux joués à la Heinrich Spoerl Fabrik sont donc totalement inédits. Tandis que la moitié des convives sont restés dans l’arrière-cour pour finir leurs bières, l’autre moitié se presse dans le bar exigu pour découvrir les dernières chansons des enfants du pays. Plein d'autodérision, Ben lance même un « We love you Düsseldorf ! », alors qu’il est clair qu’il connaît à peu près tout le monde. Asymmetrical Edged Wonderland reposait beaucoup sur les volutes de guitares imbriquées et sur la démultiplication des voix, le tout saupoudré d’une pointe de synthétiseurs eighties. Le nouveau disque semble explorer le même territoire, même s’il sonne plus électronique que son prédécesseur. C’est que Between Borders utilise ce soir une boîte à rythmes, pour pallier l’absence de son batteur Lukas Heerich, qui habite Paris et qui n’a pas pu se libérer pour l’occasion.
Raketenstation, Insel Hombroich / photo S. Mazars
Le lieu du tournage du clip
Quant à la vidéo, projetée sur grand écran dans la cour pendant l’entracte, elle illustre le probable futur premier single, Water. Le film a été réalisé par un spécialiste de la pub et du clip, le jeune Tim Neiser, ancien élève de la New York Film Academy revenu au bercail. Tim est un habitué de la Heinrich Spoerl Fabrik. La vidéo a d’ailleurs en partie été tournée sur place, mais aussi sur le très étrange site d’Insel Hombroich, au sud-ouest de Düsseldorf, centre d’art contemporain fondé sur une ancienne base de missiles de l’Otan. Un choix parfait pour ce titre aux élans dramatiques, qui permettra peut-être à Ben Yates et à Between Borders de percer comme ils le méritent.





[1] Tro et sa stratégie feront l’objet d’un prochain message.