mardi 25 juin 2013

Broekhuis, Keller & Schönwälder : rencontre avec trois fans, musiciens et producteurs de musique électronique

 

Le trio BK&S compose, publie et interprète depuis près de 20 ans de la musique électronique dans la lignée des grands ancêtres que sont Klaus Schulze, Tangerine Dream, mais aussi Jean-Michel Jarre. La formation, composée de deux Allemands, Detlef Keller et Mario Schönwälder, et d’un Néerlandais, Bas Broekhuis, est aussi le cœur du label berlinois Manikin Records, entièrement dédié à ce genre. Les trois hommes profitaient d’un concert luxembourgeois pour parler boutique.


Mario Schönwälder, Detlef Keller, Bas Broekhuis / photo S. Mazars
Mario Schönwälder, Detlef Keller, Bas Broekhuis
Roodt-sur-Syre, Luxembourg, 8 juin 2013

Comment définissez-vous votre musique ?

Detlef Keller – Nous faisons de la musique électronique. Plus exactement, comme le disait si bien Klaus Schulze, nous faisons de la musique avec des moyens électroniques.

A côté de ce terme de « musique électronique », on entend souvent parler de kosmische Musik ou de Berlin School. De quoi s’agit-il ?

Mario Schönwälder – Toutes ces notions désignent un type de musique apparu au début des années 70. Mais ce sont surtout des concepts marketing, très utiles pour les magasins de disques. Ils permettent aux vendeurs de savoir dans quel rayon ranger les disques.
DK – Que sont la new age, la techno ou la trance, sinon des mots très différents conçus bien souvent pour parler de la même chose ?
MS – Oui, mais les frontières ont tendance à s’effacer. Nous faisons de la musique électronique plutôt traditionnelle, avec des influences modernes. Du coup, il n’est pas très aisé de trouver le bon rayonnage en ce qui nous concerne. On pourrait dire que nous jouons de la berliner Schule, mélangée avec des éléments de chillout, d’ambient et de trance, voire de world music.
DK – On nous a même dit un jour que notre façon d’improviser au piano relevait d’une démarche jazz.

Comment avez-vous découvert cette musique ? Qu’en avez-vous pensé à l’époque ?

DK – J’ai commencé à écouter cette musique vers 1975-1976. Tangerine Dream et Klaus Schulze étaient de ceux qui la pratiquaient alors. Puis vint Jean-Michel Jarre. Ce son m’a tout de suite plu, et j’ai très vite eu envie d’en faire autant. Mais au départ, je n’avais aucune intention de publier ma musique. J’ai commencé à jouer pour moi, jusqu’à ma rencontre avec deux idiots heu… [rires] avec ces deux amis, qui m’ont demandé de participer à leur aventure.
Bas Broekhuis – J’ai appris la musique tout seul. J’ai d’abord découvert Kraftwerk, dont l’approche m’intéressait, mais sans plus. C’est vraiment quand j’ai entendu pour la première fois Klaus Schulze et Tangerine Dream que je me suis dis : « bon, maintenant, à mon tour ! » J’ai commencé à acheter du matériel, un premier synthétiseur, puis un autre et encore un autre.
MS – Pour ma part, j’ai suivi un chemin plus détourné. Vers 1974-1975, c’est par le biais de Pink Floyd que j’ai véritablement découvert les synthés. J’ai lu quelque part que Tangerine Dream avait commencé ses expériences exactement au point où Pink Floyd les avait arrêtées. C’est très vrai. Après avoir beaucoup écouté Pink Floyd, Manfred Mann et tous ces groupes progressifs aux claviers omniprésents, j’ai découvert Jean-Michel Jarre, dont le premier opus m’a littéralement renversé. Par la suite, j’ai eu la chance d’entendre Klaus Schulze et Ashra à la radio berlinoise. Une nuit, la station diffusait un disque de Tangerine Dream, un groupe dont je ne connaissais alors rien du tout. Je crois que c’était Stratosfear [1976]. J’étais complètement fasciné. Dès le lendemain, je me suis précipité chez un disquaire, prêt à acheter n’importe quel 33 tours estampillé TD. Et je suis rentré à la maison avec Zeit [1972]. C’était encore une autre expérience. Mais j’ai attendu longtemps avant d’avoir seulement l’idée de faire moi-même de la musique. Jusqu’au début des années 80, je n’ai été qu’un consommateur, un grand consommateur, avant de devenir à mon tour musicien. Comme je ne disposais d’aucun matériel bien à moi, j’ai d’abord joué sur des instruments qu’on me prêtait. En fait, je ne « jouais » pas vraiment, c’était plutôt de l’expérimentation.

Vous travaillez ensemble depuis bien longtemps maintenant. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

MS – En 1992, j’avais besoin d’un batteur pour une session à Berlin. J’ai fait passer une annonce dans un petit fanzine néerlandais. Et Bas a répondu.
BB – J’ai emporté avec moi mon set de batterie électronique et un octapad. Je me suis dis que ça pourrait être intéressant. Nous avons joué, et ça a aussitôt fonctionné entre nous, musicalement et humainement. Et puis un jour, nous avons vu ce type à l’un de nos concerts, qui semblait apprécier notre musique. Et après…
DK – C’était le 6 novembre 1993 [à Gelsenkirchen]. Il pleuvait. [bâillements et ronflements des deux autres]. J’étais attablé avec deux Hollandais. Il se trouve qu’ils connaissaient bien Bas. J’ai donc eu l’occasion de lui donner une cassette et il a publié mon premier disque, The Story of the Clouds, sur son label de l’époque, Audio Works. J’ai revu Bas et Mario à Berlin l’année suivante [où ils donnaient un concert au Planetarium am Munsterdamm, le 27 août 1994]. Après le concert, nous nous sommes retrouvés au pub.
MS – Nous avions alors prévu un autre concert au Planetarium, le 22 septembre suivant. Un guitariste devait nous accompagner, mais il venait de nous faire savoir qu’il ne serait pas disponible ce soir-là. Or nous voulions absolument conserver la forme d’un trio. Cependant, l’idée d’un troisième claviériste nous semblait plus appropriée que celle d’un guitariste. La réponse de Detlef fut :
DK – « Bonne idée ! »
MS – Nous lui avons dit : « nous le connaissons déjà ! » Detlef a répondu :
DK – « Qui ? »
MS – « Toi ! »
DK – « Mauvaise idée ! ». C’est que, jusqu’alors, je n’avais encore jamais joué en public. Ou peut-être une fois. En tout cas, je n’avais jamais envisagé de faire partie d’un groupe.
MS – Nous lui avons immédiatement remis un CD : « Voici le programme que nous allons jouer le 22 septembre. Exerce-toi dessus. »

Bas Broekhuis, Detlef Keller, Mario Schönwälder / photo S. Mazars
Pas de laptop sur scène : Broekhuis, Keller & Schönwälder règlent leur matériel – Roodt-sur-Syre, Luxembourg, juin 2013

C’est à peu près à cette époque que les ordinateurs ont commencé à prendre le pouvoir. Le début des années 70 avait vu l’avènement des synthétiseurs aux côtés des instruments conventionnels. Les années 80 ont été marquées par le triomphe des synthés numériques sur les synthés analogiques. Avec la décennie suivante, c’est un nouveau débat qui s’annonce : matériel contre logiciel, hardware vs software. Où vous situez-vous dans cette discussion ?

BB – Je suis un inconditionnel du hardware. J’aime être entouré par du matériel, avoir l’opportunité de pousser et tourner des boutons. Je ne nie pas pour autant l’intérêt des logiciels. Si je veux développer rapidement un morceau que j’ai en tête, ou me faire une idée d’un projet, j’en utilise volontiers. Mais pas sur scène.
DK – Déjà dans les années 80, le Commodore 64 puis l’Atari ont montré leurs capacités en studio. Mais en concert, je préfère moi aussi me servir de vrais claviers.
MS – Je fais partie de ceux qui ne fermeront jamais définitivement la porte à la présence sur scène d’un ordinateur, d’un laptop. Si je m’abstiens, c’est parce que la dynamique de notre formation l’exige. J’utilise volontiers des plug-ins pour créer de nouveaux sons même si, comme mes deux collègues, j’adore par dessus tout manipuler des potentiomètres. J’apprécie les avantages des deux mondes, et je veux pouvoir en profiter.
DK – Oui, c’est sûr, il faut savoir distinguer plusieurs situations. Le laptop comme outil d’appoint sur scène, c’est évidemment acceptable. Mais comme séquenceur… c’est déjà plus contestable. Le travail me paraît trop prémâché. Sur scène, le public a le droit de voir la musique en train d’être jouée. Je ne veux pas qu’il se dise en me voyant que je consulte mes mails ou que je surfe sur Internet. Qui peut dire ce qui se passe sur scène quand un musicien commence par s’asseoir devant un écran d’ordinateur ?
MS – Un journal berlinois formulait ce même reproche à l’encontre de Tangerine Dream dès 1987 ! C’est sûr que l’effet sur le public peut être bizarre. A moins d’en faire un élément de style. Je pense à nos quatre collègues de Düsseldorf. Chez eux, ça passe. Si je vais à un concert de Kraftwerk, je sais que je vais vivre un événement multimédia. Ce qu’ils font vraiment sur scène a, du coup, moins d’importance.
DK – D’ailleurs, il nous arrive aussi d’utiliser des séquenceurs préprogrammés, comme le Schrittmacher de Manikin Electronics. Mais il y a une différence énorme avec un logiciel. Après tout, n’importe quel laptop dispose d’un lecteur CD. S’il suffit d’appuyer sur « play » pour se produire en live alors…

Vous consacrez beaucoup de temps à la musique. Etes-vous des musiciens professionnels ou bien travaillez-vous par ailleurs dans l’industrie musicale ?

MS – Clairement, je ne peux pas vivre de cette musique. J’occupe un emploi parfaitement normal à côté, dans le service administratif d’une université [l’Université libre de Berlin], donc sans le moindre rapport avec la musique.
BB – Je suis ingénieur en chef dans une petite compagnie aux Pays-Bas [SolMateS, à Enschede]. Je conçois des équipements industriels et des circuits programmables high-tech. La musique n’est qu’un hobbie. J’en fais uniquement pour mon plaisir.
DK – Ce plaisir n’a pas de prix. Je travaille moi aussi dans une entreprise d’équipements industriels qui développe des outils d’automatisation [IFM, à Essen]. La musique est une sacrée compensation.

Pourtant, depuis plus de vingt ans, vous gérez aussi la maison de disques Manikin Records. Pourquoi avoir subitement décidé de fonder un label en 1992 ?

Manikin Records / photo S. Mazars
Le stand Manikin, prêt pour le concert au Luxembourg
MS – J’ai décidé de fonder Manikin lors de l’hiver 1991-1992. J’avais envie d’une maison de disques qui donne toute sa place à la musique que j’aime. Je venais de me séparer du label Musique Intemporelle de Bernd Kistenmacher et je voulais en même temps commencer quelque chose de nouveau. Le fait de diriger mon propre label m’autorise aujourd’hui une totale indépendance. Je décide quoi et quand publier. C’est une sorte de « trip égotique », oui, on peut le dire. Et depuis vingt ans, je suis entouré d’une petite équipe extraordinaire. Une toute petite équipe : Thomas Fanger, qui est chargé du site et des vidéos, Gerd Wienekamp, qui s’occupe du mastering en studio, Frank Rothe, qui gère la technique et le mixage lors des concerts, et nous trois. Ces six personnes, voilà le cœur de Manikin. Aucun de nous ne vit au même endroit, nous n’avons pas de bureau pour nous réunir, nous travaillons à distance. Chacun sait ce qu’il a à faire, chacun peut compter sur les autres. C’est à peu près comme ça que ça fonctionne.
DK – Surtout, nous privilégions la qualité sur la quantité.
MS – C’est vrai, nous ne publions que trois ou quatre CD ou DVD par an. Du coup, dans les festivals, les gens qui viennent à notre stand achètent souvent aveuglément. Le label Manikin est pour eux gage de qualité. En être arrivé là après vingt ans me rend particulièrement fier.

Vous vendez des CD. Mais est-il aussi possible de télécharger les disques Manikin ?

DK – Nous sommes distribués sur la plupart des portails de téléchargement. CD Baby, iTunes, Amazon MP3, Napster.
MS – Une très large part du catalogue Manikin est disponible au téléchargement. Pas tout, car certains artistes nous ont quittés. Des questions de droits peuvent expliquer aussi que l’un ou l’autre CD épuisé ne soit pas en ligne. Tout de même, aujourd’hui, ce sont plus de cinquante références qui sont téléchargeables, dont la quasi-totalité du répertoire de BK&S.

Quant aux disques physiques, les gravez-vous à la demande ? Combien d’exemplaires de votre dernier album, Red, avez-vous pressés ?

MS – Mille. Nous les avons fait fabriquer en amont. C’est ce qui nous distingue de certains autres labels de mêmes dimensions. Nous ne gravons pas de CD-R, nous faisons presser de véritables disques.
DK – En outre, le design Manikin est très soigné : que des digipacks, à la finition de haute qualité. Ce n’est évidemment pas la solution la plus avantageuse en termes de coûts, mais ça donne une identité propre aux disques que nous publions.
BB – On reconnaît tout de suite un disque Manikin sur un stand.
MS – Oui, à l’époque, les disques Innovative Communication [le label fondé par Klaus Schulze en 1979] avaient eux aussi leur propre style, très caractéristique. Nous suivons le même principe.

A part les plateformes de téléchargement pour les versions dématérialisées, avez-vous un distributeur dans le reste du monde ?

MS – Nous en avons plusieurs, essentiellement des sites de vente en ligne. En Angleterre [Synth Music Direct], aux Pays-Bas [Groove Unlimited], en Pologne [Generator.pl], CD Baby aux Etats-Unis, même en Espagne [Diskpol]… mais pas encore en France. Ça pourrait changer [clin d’œil]. Nous avons des amis très motivés en France, avec qui nous sommes en contact sur les réseaux sociaux.

BK&S : Orange, Blue, Red (Manikin Records) / source : www.manikin.de
Orange, Blue, Red, les trois premiers disques de la "série des couleurs" publiés chez Manikin

Qu’avez-vous publié en dernier ? Quels sont vos projets ?

MS – L’album Red, que nous allons interpréter ce soir en entier, est notre avant-dernier CD. Le dernier est un EP qui regroupe les meilleurs passages de notre précédent concert au Luxembourg en 2010 [Eglise de Betzdorf, le 25 juin 2010].
DK – Red fait partie d’une « série des couleurs », que nous avons entamée avec Orange [2007] et poursuivie avec Blue [2009]. Dans chaque cas, le dernier morceau introduit la couleur suivante. Le prochain sera donc Green. Red nous accompagne depuis le début de l’année dernière. Nous l’avons joué lors de notre tournée américaine [4-13 mai 2012], puis en Allemagne.
MS – Nous l’avons joué le 17 mai à Bruxelles, et maintenant ici, au Luxembourg.
DK – La série n’est pas près de s’arrêter. Entre les primaires et les composites, il y a plus de 16 millions de couleurs, ce qui nous laisse de la marge ! Au début de l’année 2014, nous aurons notre prochain concert de Repelen. Depuis 2005, nous donnons chaque mois de janvier un concert en l’église de Repelen, dans ma ville de Moers. Comme d’habitude, nous serons accompagnés par Thomas Kagermann (violon) et Raughi Ebert (guitare). Ce sera notre dixième concert sur place. L’occasion de publier un best-of des meilleurs morceaux depuis 2005.
MS – Non, attends une minute. C’est le concert lui-même qui sera un best-of. Cette série a déjà donné lieu à divers CD jusqu’à 2009. Nous n’avons encore rien publié de nos performances de 2010 à 2013. Ce sont des extraits de ces prestations que j’aimerais d’abord réunir – sur un simple ou un double, rien n’est encore décidé. En tout cas, le disque sera prêt pour cette date.

D’autres artistes, voire de nouveaux artistes, sont-ils aussi au programme ?

MS – Rainbow Serpent travaille actuellement en studio. Avec Frank Rothe, je poursuis le projet Filterkaffee. Un second album devrait sortir, sur lequel nous ne travaillerons qu’avec des instruments analogiques. Beaucoup de séquenceurs, mais pas de batterie. J’ai aussi réussi à convaincre Steve Baltes de publier chez Manikin le concert qu’il a donné en mars au planétarium de Bochum. Là aussi, on retrouvera ce mélange de musique électronique traditionnelle et ultracontemporaine. Fanger & Schönwälder préparent par ailleurs Analog Overdose 5. Tels sont, pour l’heure, les projets. J’ajoute qu’en septembre 2014, les vingt ans de BK&S seront célébrés par un concert à Berlin… Et Detlef collabore toujours avec Thomas Kagermann. Bref, nous avons beaucoup, beaucoup d’idées, mais peu de temps, et des moyens limités. Quand on presse des CD, il faut aussi les financer. Nous procédons à un préfinancement qu’il faut calculer avec le plus grand soin.

Avez-vous déjà pensé à sortir un single, à placer un titre dans les charts ?

Fanger & Schönwälder : Earshot (Manikin Records) / source : www.manikin.de
Fanger & Schönwälder : Earshot
MS – Figure-toi que Fanger & Schönwälder viennent de publier un EP autour d’un concert aux Pays-Bas [lors du festival E-Live à Oirschot, le 27 octobre 2012]. L’un des morceaux, Mopho Me Babe, pourrait justement avoir sa chance sur le marché du single. Il a déjà fait l’objet de plusieurs remix : un club mix, un ambient mix. Le travail de Keller & Kagermann manifeste également un fort potentiel pour les clubs. C’est une musique très rythmée, sur laquelle il est même possible de danser. Ces titres pourraient nous servir d’étalons, de modèles pour des projets futurs. Il nous reste encore à approcher ce monde des DJs. Produire 500 vinyles ne nous posera aucun problème, mais il vaudrait mieux savoir à l’avance comment les introduire dans ce cercle-là. Or, avec un job à côté, quand tu ne peux y consacrer que le soir ou les week-ends, ce n’est pas si aisé. Mais enfin, nous nous améliorons sans cesse. Peut-être de telles opportunités se présenteront-elles bientôt.
DK – Le problème majeur de ce genre de musique en général est la diffusion sur les ondes. Sans connexions dans le milieu, sans passage radio, il restera difficile de faire plus que ce que nous faisons actuellement. Pour l’instant, nous sommes une petite famille. Nous aimerions de tout cœur l’élargir. Mais pour passer à la radio, il faut faire du mainstream, en somme, il faut faire ce qui passe déjà à la radio, car les diffuseurs se méfient de ce qu’ils ne connaissent pas déjà. Du coup, peu d’entre eux s’intéressent à ce type de musique, ou alors de très petits, de très localisés. Je produis l’une de ces émissions, Ad Libitum, depuis plus de 2 ans, dans ma région. Mais pour le moment, ça reste très confidentiel.