mardi 16 juillet 2013

Gandalf, l'autre magicien

 

Compositeur et multi-instrumentiste originaire de Vienne, en Autriche, Heinz Strobl, alias Gandalf, restera l'un des rares artistes à avoir réussi la synthèse de plusieurs traditions musicales, mêlant classique et rock, électronique et acoustique, Orient et Occident. Très respecté dans le milieu de la musique électronique au point d'avoir été invité à la cérémonie des Schallwelle Awards en 2012, Gandalf s'est pourtant, au fil des ans, peu à peu détaché des machines. Ainsi, son dernier disque, Dreamweaver, publié le 12 mars 2013, ne repose plus que sur des instruments acoustiques. L'album a donné lieu à une mini-tournée, qui s'achevait à Lindlar, près de Cologne, le 7 juillet. L'occasion de revenir sur plus de trente ans de carrière. Son fils, le percussionniste Christian Strobl, et la violoncelliste Merike Hilmar, qui l'accompagnaient sur scène ce soir-là, assistaient à l'entretien.



Lindlar, le 7 juillet 2013

Gandalf à Lindlar / photo S. Mazars
Gandalf
Qui es-tu Gandalf ? Quel a été ton parcours avant que tu ne deviennes le musicien connu sous ce nom ?

Gandalf – J'ai toujours fait de la musique. J'ai commencé la guitare à l'âge de douze ans. A quatorze, je participais à mon premier groupe, The Sanctuaries. C'était à la fin des années 60. Nous reprenions alors les tubes des Beatles en amateur, pour le plaisir. Quand nous nous produisions à Vienne ou dans les environs, ça nous amusait beaucoup, mais nous n'ambitionnions nullement de devenir professionnels. Moi-même, j'occupais à côté un emploi de technicien de maintenance à l'aéroport de Vienne-Schwechat. J'entretenais les équipements, je réparais les radars, les installations radio.

Ce qui nous mène aux années 70.

Gandalf – Oui, la préhistoire… Les membres du groupe n'arrêtaient pas de changer, tout comme le nom de notre formation. A un moment, j'ai commencé à élaborer mes premiers arrangements, d'abord de chansons d'autres artistes, jusqu'au moment où j'en suis arrivé à pouvoir écrire mes propres compositions. Je les ai tout d'abord proposées au groupe, mais nous endurions alors des divergences musicales. Nous ne tombions jamais d'accord sur rien. Chacun avait son opinion. De toute façon, la musique qui en est sortie n'a jamais ressemblé à celle que j'avais en tête au départ. Les autres ne voulaient pas s'éloigner des modèles à la mode, comme les Beatles ou les Rolling Stones, alors que je commençais déjà à regarder dans la direction de Jimi Hendrix et du rock psychédélique. Ça paraît difficile à croire quand on entend ce que je joue aujourd'hui, mais c'est la vérité ! J'avais de puissants amplis Marshall et je jouais si fort que je les entends encore parfois chanter dans mes oreilles aujourd'hui [rires]. Ensuite, il y a eu Pink Floyd, Santana, Genesis, Yes, tous ces groupes qui mélangeaient les influences classiques et les expérimentations sonores les plus innovantes. Voilà ce qui m'intéressait. C'est à cette époque que j'ai commencé, en plus de la guitare, à jouer sur des synthétiseurs. J'ai vite senti que c'était cette voie que je voulais suivre.

Connaissais-tu déjà à cette époque la scène électronique allemande ?

Gandalf – Oui aussi. Tangerine Dream, Klaus Schulze : difficile d'ignorer de tels artistes. Mais ma base a toujours été la guitare. J'ai bien sûr largement utilisé les instruments électroniques, mais pour moi, la guitare a toujours été primordiale, plus généralement les instruments acoustiques : la guitare acoustique, les percussions. Je n'ai jamais voulu faire de la musique électronique pure. D'ailleurs, je n'en ai jamais fait. L'électronique m'a plutôt servi comme source d'atmosphères. Quoi qu'il en soit, dès le début, mes morceaux reposaient déjà plus sur la composition que sur l'improvisation. Mon processus de création relève d'autre chose que des improvisations sans fin ou des collages sonores qui caractérisent ce qu'on appelle aujourd'hui la berliner Schule. J'écris les morceaux d'abord au clavier, ou bien je développe un thème à la guitare. Ce n'est qu'après que je les arrange en studio, avec d'autres instruments. C'est peut-être la vraie différence avec les musiciens électroniques. Ils construisent tout autour d'un son, se laissent inspirer par un timbre, qu'ils déclinent par la suite. Chez moi, la mélodie et l'harmonie ont toujours primé.

Gandalf - Journey to an Imaginary Land / source : www.progarchives.com
« Journey », le premier Gandalf
Comment en es-tu venu à signer chez WEA (Warner) dès ton premier album ?

Gandalf – Ce fut une démarche très spontanée. Un beau jour, j'ai fini par me séparer du groupe. Je me suis retiré de tout et j'ai commencé à expérimenter dans mon coin, avec un petit magnétophone, quelques instruments, une table de mixage très simple. « Voilà, ai-je alors remarqué, la manière de concevoir la musique qui me correspond vraiment ». J'ai enregistré une cassette sur mon magnétophone huit pistes de l'époque, et c'est devenu Journey to an Imaginary Land, l'album complet [enregistré en 1980, publié en mars 1981]. Je l'ai joué à quelques amis, qui m'ont dit, « Tu devrais aller voir une maison de disques ». Seulement voilà, à l'époque, je vivais en Autriche – j'y vis toujours. Or ce genre de musique n'existait tout simplement pas là-bas. On écoutait de la musique classique, de la musique folklorique. La pop venait d'arriver, mais une pop surtout interprétée par des artistes locaux, ce qu'on a appelé l'Austropop.

(Y a-t-il un lien avec le Schlager allemand ?)

Gandalf – Plus ou moins. Dans les deux cas, il s'agit de chansonniers. Mais chez nous, ils s'expriment surtout en dialecte, le Wienerisch, et pas vraiment en hoch Deutsch. A cette époque, il s'agissait d'un style déjà orienté pop/rock, mais au caractère autrichien très marqué, difficile à exporter à l'international. Ou alors, pas plus loin que l'Allemagne du Sud ou la Suisse alémanique. Mon ambition était au contraire de créer une musique valable pour le monde entier. Dans cette optique, le fait de composer uniquement des morceaux instrumentaux représentait un avantage certain. Mais je faisais aussi intervenir différentes influences en provenance d'autres cultures, celtique ou indienne, et déjà des éléments de World Music. Clairement, ça m'a aidé. J'ai alors ouvert les pages jaunes à la rubrique « maison de disques ». L'adresse de l'une d'elles se trouvait justement sur mon chemin. J'y suis allé, j'ai sonné et j'ai dit : « Je viens d'enregistrer une cassette. Peut-être que ça pourrait intéresser quelqu'un ». Deux jours plus tard, j'avais un contrat.

Aussi simple que ça !

Gandalf – Oui ! C’était aussi simple que ça à cette époque !

Es-tu devenu musicien professionnel ?

Gandalf – Oui. J'ai encore gardé mon job pendant environ deux ans. Puis, à partir de 1983, j'ai pu me consacrer exclusivement à la musique.

Combien de disques as-tu vendu jusqu'à aujourd'hui ?

Gandalf – En tout, à peu près un million. Ce n'est pas beaucoup, comparé aux popstars américaines, mais c'est énorme si on considère la direction musicale que j'ai choisie. Vraiment, ce n'est pas mal.

Tu es désormais chez Real Music.

Gandalf – Une maison de disques californienne !

Il fut un temps où tu avais ton propre label, Seagull Music. Malgré cette expérience, pourquoi as-tu finalement décidé de travailler avec une autre maison de disque ?

Gandalf – J’ai géré Seagull Music du milieu à la fin des années 80. Mais j’ai très vite eu l’impression que si je continuais comme ça, je deviendrais 70% homme d'affaires et seulement 30% musicien. Il n’en était pas question. J’ai donc décidé : « Je m’occupe de la musique, quelqu’un d’autre s'occupe de la vendre ». Les résultats sont là. Avec Seagull, je ne pouvais même pas atteindre les Etats-Unis, tandis que Real Music m’ouvre les portes du monde entier. Impossible d’en faire autant avec mon propre label.

Donc tes disques sont disponibles à l’achat en France.

Gandalf – En théorie, oui. En pratique, le mainstream monopolise tout, j’imagine en France comme ailleurs. En plus, vos propres artistes connaissent eux-mêmes un grand succès. C’est ce qui manque aujourd’hui aux Autrichiens. La prise de conscience de leur propre scène locale. En Autriche, à la radio, partout, on entend surtout les chanteurs américains ou anglo-saxons. En France, au moins, vous avez une importante scène nationale.

Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Gandalf aujourd'hui : un piano, une guitare
Où trouves-tu ton inspiration ?

Gandalf – Souvent dans la vie de tous les jours. Surtout dans la nature. Les belles choses, les expériences, les rencontres : toutes ces éléments influencent ma musique. Dans mon enfance, j'ai aussi beaucoup entendu de musique classique. Certains morceaux, qui m'ont particulièrement enthousiasmé, m'accompagnent toujours.

As-tu une formation classique ? As-tu suivi des cours ?

Gandalf – Des cours, non, ou alors très marginalement. Mais cette tradition a toujours naturellement irrigué ma musique. D'un côté, le rock et la pop, de l'autre, la musique classique et les autres cultures.

Aujourd'hui, tu es plutôt classé comme un musicien New Age. Pourtant, tu as touché à beaucoup de styles : électronique, symphonique, même ethnique ou traditionnel. Comment décrirais-tu toi-même ta musique ?

Gandalf – Ah ! On me le demande de plus en plus souvent. Il y a trois ans, j'ai sorti un album symphonique, Erdenklang und Sternentanz [ce qui, en français, donnerait : Le Son de la Terre, la Danse des étoiles. La version anglaise s'intitule Earthsong And Stardance], dont le titre était précisément destiné à répondre à la question : « comment puis-je décrire ma musique ? » Et c'est cette expression qui s'est imposée à moi. Ma musique est reliée à la Terre, grâce aux percussions et aux instruments acoustiques, mais elle est aussi aérienne, de par les atmosphères générées par l’électronique.

L’an dernier, à l’occasion de son vingtième anniversaire, l’album Gallery of Dreams, que tu avais enregistré avec Steve Hackett, a fait l’objet d’une réédition augmentée. Comment cette collaboration avec l’ancien guitariste de Genesis a-t-elle vu le jour ?

Gandalf – Genesis a toujours été très important pour moi, en particulier dans cette période où je développais encore mon jeu de guitare, où je cherchais mon propre son. Steve Hackett faisait partie de ces guitaristes qui m'ont beaucoup inspirés, sans doute parce que son style était si différent de celui des autres. J'avais alors un manager néerlandais. A mon insu, il avait simplement envoyé une cassette au manager de Steve. Puis un jour, il est venu me dire : « J'ai trouvé un guitariste qui voudrait bien jouer sur ton prochain album ». J'ai répondu : « Un guitariste ? Pour quoi faire ? J'ai déjà enregistré bien trop de parties de guitares ». Il m’a alors demandé : « Que dirais-tu de Steve Hackett ? » Je n'ai pas pu dire non ! Ma musique lui avait plu, et il était vraiment désireux de jouer avec moi sur mon prochain disque. Cette collaboration, c’était à mes yeux la rencontre avec mes racines musicales. Les concerts qui ont suivi, avec un groupe complet sur scène, un batteur, un bassiste, nous ont conduit à travailler de plus en plus dans la direction du rock progressif. Le contraste avec mes disques était saisissant. Tu évoquais à l’instant la New Age. Or, à partir de cet instant, on a commencé à me classer dans une sorte de crossover entre le rock progressif et la musique électronique, alors que je ne me sentais pas vraiment en phase avec aucun de ces deux genres. Le problème, c’est que je ne me suis jamais senti en phase avec aucun genre. Ma musique n'a jamais correspondu à aucun bac en particulier. Il y a toujours un petit quelque chose qui ne cadre pas. C’est bien d’être inclassable, mais dans les magasins de disques, c'est un peu difficile. On a pu trouver mes CD dans les bacs « Ambient », « Electronic », « New Age » et même « Pop/Rock ». Bon, maintenant c'est plus simple, on ne trouve pratiquement plus ce genre de musique dans le commerce. La plupart des enseignes, comme Mediamarkt ou les gros distributeurs, se concentrent désormais sur le mainstream. Pour les genres plus spécialisés, il faut se rabattre sur Amazon ou sur les plateformes en ligne.

Merike Hilmar, Christian Strobl et Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Le groupe aujourd'hui : Merike Hilmar, Christian Strobl et Gandalf

Depuis quand te produis-tu sur scène avec ce groupe [Gandalf au piano et à la guitare, Christian Strobl, son fils, aux percussions, et Merike Hilmar au violoncelle] ?

Gandalf – Ce jeune homme [il désigne Christian], mon fils, joue depuis un moment dans le groupe. Oui, on peut dire qu’il s’agit d’un vrai groupe désormais. Nous sommes trois, et c’est formidable d’être ensemble sur la route. A l'âge de 4 ou 5 ans, Christian assistait déjà à chaque répétition. Il écoutait pendant des heures. Mais l’instrument qu’il observait le plus, c’était la batterie. Très vite, il a été capable de me dire : « Ce gars joue ce passage vraiment mal », de se rendre compte à quel moment le jeu du batteur commençait à tanguer. Il pouvait percevoir ce genre de chose, il avait un bon sens du rythme. Je voulais qu'il prenne des cours de piano ou qu'il apprenne à jouer de la guitare. Mais il a choisi les percussions et la batterie. Et franchement, j’en suis heureux, car j’ai avec moi aujourd’hui un excellent percussionniste, qui donne toujours le bon tempo à ma musique. Quand il a eu 12 ou 13 ans, au début – ou plutôt au milieu des années 90, il a commencé à participer de temps à autres aux concerts.

Gandalf & son : Christian Strobl et Gandalf à Lindlar / photo S. Mazars
Assez tôt pour t’accompagner lors de la tournée avec Steve Hackett ?

Gandalf – Non, juste après.
Christian Strobl – Hé ! J’ai quand même joué sur scène avec Steve !
Gandalf – C’est vrai. Un peu plus tard, lors du concert 20 Jahre Gandalf, qui célébrait mes vingt ans de carrière. Christian officiait aux percussions et Steve était l’un des special guests. Le DVD Live in Vienna en témoigne [concert enregistré à Vienne le 16 mars 2001 et publié en CD et DVD chez Prudence en septembre 2008].

Merike Hilmar avec Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Qu’en est-il du violoncelle ?

Gandalf – Ah, c'est intéressant de savoir qu’en 1990, sur Symphonic Landscapes, mon disque symphonique, Merike faisait déjà partie de l'orchestre avec lequel j’ai enregistré l’album. Des années plus tard, en 2007, alors que je cherchais une violoncelliste, c’est elle qui s’est présentée à moi. Depuis, nous jouons ensemble.

Dreamweaver, le dernier album, semble taillé sur mesure pour cette formation. Pourquoi as-tu brusquement décidé d’enregistrer un disque purement acoustique ?

Gandalf – L’idée s’est développée dans le courant de ces dernières années. Selon moi, rien de très neuf n’était vraiment sorti des progrès les plus récents de l’électronique. Certes, les synthétiseurs sont désormais entièrement numériques, ils sont devenus de plus en plus complexes. Ce que je veux dire, c’est qu’on finit quand même par revenir aux sons des années 80, ou à sampler les sons des claviers vintage. Tout a commencé quand on m'a demandé de jouer en première partie de The Musical Box, le groupe de reprises de Genesis, lors d'une tournée au Benelux en 2005. Je me suis demandé ce que je pourrais bien offrir, moi, en tant que chauffe-salle, avant un show aussi imposant, aussi prodigieusement mis en scène. La décision s’est imposée naturellement : faire exactement l'inverse. Monter tout seul sur scène, avec une guitare et un clavier. C’est ce que j’ai fait. J’ai joué tout seul, et ça a fonctionné. Le groupe, The Musical Box, jouait dans des salles de 2000 personnes, dans des grands théâtres. Je n'étais que la première partie, mais les gens restaient silencieux et écoutaient. Je me suis rendu compte à quel point ça me faisait plaisir, de jouer de la guitare acoustique, de ne me servir du clavier que comme un simple piano, et non plus comme un synthétiseur. Puis j'ai réintroduit Christian et ses percussions. Nous étions alors deux sur scène. C’est à ce moment que j’ai compris qu’une nouvelle voie s’ouvrait. Désormais, je ne veux plus avoir à paramétrer autant d'instruments. J’ai toujours consommé plus de temps à programmer les sons qu'à véritablement jouer. Je préfère à présent aller sur scène, faire une balance qui ne dure pas plus de vingt minutes, et enfin jouer de la musique. Cette combinaison, avec violoncelle et percussions, me rend la chose plus facile. C’est très agréable, car chaque instrument a sa place. Notamment les percussions, qui apportent le rythme mais aussi, d'une certaine manière, l'atmosphère.
Gandalf - Dreamweaver / source : www.gandalf.at
Dreamweaver, le nouvel album, sorti le 12 mars 2013
Pour en revenir à Dreamweaver, oui, en effet, je voulais précisément écrire de la musique pour la scène. Qu’elle puisse y être interprétée telle qu'elle a été écrite. Quelques-uns de mes vieux morceaux se prêtent bien à cette configuration, mais la plupart d’entre eux subissaient en studio un travail d’arrangements et de production si complexe qu’il ne m’a jamais été possible de les jouer tels quels. Maintenant, en concert, nous pouvons interpréter à l'identique la musique que nous avons enregistrée en studio.

Cela veut-il dire que tu as définitivement mis de côté les synthétiseurs ? Ne feras-tu donc plus aucun album avec des instruments électroniques ?

Gandalf – Je ne veux pas l'exclure. Peut-être me retrouverai-je un jour dans une disposition d’esprit où ça m'intéressera de nouveau. Ces derniers temps, je pensais avoir fait le tour. Je voulais tenter quelque chose d'autre, de nouveau.

Le concert de ce soir est-il le dernier cette année ?

Gandalf – Le dernier de l'été.

Tu prépares donc quelque chose !

Gandalf – J’ai plusieurs projets, sans doute encore cette année, mais en studio. Cette fois, il ne s’agit pas d’un nouveau CD, mais de la bande originale d’un documentaire télé qui sera diffusé sur 3SAT. Une partie de cette musique pourrait servir de base à un prochain album. Mais ce n'est pas arrêté. Je prépare aussi la musique d'un livre que j'ai écrit et qui devrait sortir à l'automne. Donc je ne donnerai pas de concerts dans les prochains mois. Je serai plutôt occupé à composer et à produire de nouveaux morceaux en studio.