samedi 21 septembre 2013

Apollo 3 – Episode 2 : entretien avec Dario Barbanti, Henry Horn et Marvin Schlatter

 

Dans l’attente de la sortie de leur troisième album, Feier dein Leben, Marvin, Henry et Dario, alias Apollo 3, participaient à la 9e édition du festival Musikmeile à Bedburg, pour en présenter un petit aperçu. Entre la balance et leur entrée en scène, ils prenaient le temps de répondre à quelques questions. Du temps, les trois adolescents en ont peu, entre la rentrée des classes en Rhénanie du Nord une semaine auparavant et leurs prochaines échéances artistiques. Ils se mettent même aux langues étrangères, pour le plus grand plaisir de leurs légions de fans latino-américains, peut-être plus nombreux qu’en Allemagne.



Marvin Schlatter, Henry Horn, Dario Barbanti : Apollo 3 / photo S. Mazars
Marvin, Henry, Dario : Apollo 3 backstage
Bedburg, le 7 septembre 2013

Vos premières chansons tournaient autour des thèmes de votre âge à l'époque : le divorce des parents, les gangs, la tolérance, l'amour. Quels sont les thèmes du nouvel album ?

Dario Barbanti – C’est l’un des aspects de notre musique qui a le plus évolué. L’esprit est le même, mais les thèmes que nous développions au début ont, depuis, longuement mûri. Les textes sont donc forcément plus intenses. Nous travaillons à partir des expériences que nous vivons aujourd’hui, et ça fait une sacré différence par rapport à ce que nous pouvions écrire il y a cinq ou six ans.

Justement, jusqu'à quel point avez-vous participé cette fois à l'écriture des paroles ?

Dario – Nous avons procédé ainsi : nous avons mis à plat toutes les idées qui nous venaient, puis nous avons soumis à Niko toutes celles que nous souhaitions améliorer. Cette fois, on peut vraiment dire que nous avons travaillé en tant que groupe.

Comme vous n'êtes plus des enfants, y a-t-il quelques-unes de vos vieilles chansons que vous ne voudriez plus jouer sur scène ?

Dario – Je pense que nous pourrions encore toutes les chanter.
Marvin Schlatter – Il faudrait réfléchir, peut-être l’une ou l’autre ?
Dario – Non, sans elles, nous ne serions pas là où nous sommes aujourd'hui.
Henry Horn – Elles font définitivement partie du répertoire.
Dario – Ce sont nos premières chansons, nous y sommes attachés.
Marvin – Oui, il faut aussi tenir compte du fait que nous avons encore des fans beaucoup plus jeunes. Alors ces vieilles chansons ne sont peut-être plus toutes pertinentes pour un public de notre âge, mais il y a des chances pour qu'elles soient toujours à même de toucher les plus jeunes d’une manière ou d’une autre. Mais ce soir, nous voulions entreprendre autre chose.
Dario – Présenter le nouvel album.
Marvin – Et ainsi peut-être aussi élargir la tranche d’âge du public-cible, de manière à conquérir des fans plus âgés.

Henry et Dario, Apollo 3 live Bedburg 2013 / photo S. Mazars
Henry et Dario à Bedburg, entre deux chansons
Vous avez commencé à jouer ensemble dans la cave des parents de Henry en 2006. Quel genre de musique faisiez-vous à l'époque, avant d'être découverts par Niko ?

Dario – Aaaah ! A l’époque, on composait des textes où chaque phrase devait absolument rimer. Je ne me souviens plus, il y avait une strophe avec Reiher, simplement parce que ça rimait. C’était débile. Bon, voilà. Mais en même temps, cette étape nous a beaucoup appris, et ça nous a aussi permis de nous construire, pas vrai les gars ?
Henry – Les textes étaient… tellement puérils ! Mais bon, ça remonte au CE2 (Dritte Klasse).
Marvin – Plutôt CE2-CM1.
Henry – Le soir, on se posait tous les trois et on écrivait ces textes. Parfois, il en est sorti quelque chose… Parfois non ! (il pouffe)

Avez-vous déjà envisagé d'interpréter l'une ou l'autre de vos chansons dans une langue étrangère ? Par exemple en espagnol ?

Henry – Oui, Wir sehn uns dann am Meer. Nous l'avons fait traduire.
Dario – Nous avons spécialement prévu une version espagnole. Il nous reste à l'enregistrer.
Marvin – C’est incroyable que tu nous poses la question alors que c’est justement en pleine préparation. Tu étais déjà au courant ?

C'est à cause de vos fans latino-américains. Que se passe-t-il au juste là-bas ?

Marvin – Ah oui, c'est vrai. En Amérique du Sud, nous avons en effet un gros contingent de fans très engagés, très motivés, et je voudrais profiter de l’interview pour les remercier, en espérant qu’ils puissent la lire.
Henry – Nos plus gros fan clubs se trouvent là-bas.
Dario – Peut-être que notre musique leur est parvenue un peu plus tard qu'ici, et que les idées que nous avons développées dans nos textes correspondent exactement à l’esprit du moment chez eux. Qui sait ?

Les filles représentent l'écrasante majorité de vos fans. Y voyez-vous parfois un inconvénient ?

Henry – Absolument aucun !
Marvin – Je ne sais pas. Peut-être… Hmm. Y a-t-il un inconvénient ? Je réfléchis. Ah ! Aucun, en fait.

Et vos amis et camarades de classe. Comment considèrent-ils votre succès ?

Henry – Nous les connaissons depuis si longtemps ! Quand on côtoie quotidiennement les mêmes amis, en classe ou en ville, tout redevient parfaitement normal. Tout cet aspect « superstar » qu’on vit ce soir s’efface complètement avec eux.

Mais entre la musique et le lycée, vous reste-t-il assez de temps pour vous engager dans une véritable tournée ?

Henry – En décembre. Trois dates sont arrêtées, mais je n'en sais pas plus.

En janvier dernier, votre manager Niko m'a parlé d'un possible concert sur le parvis de la Cathédrale de Cologne. Ça avance ?

Dario – C'est déjà prévu, ça ? Henry – Aucune idée.

Marvin Schlatter : Apollo 3 live à Bedburg 2013 / photo S. Mazars
Marvin, fan de hip hop
Il y a quatre ans, lors de la sortie de votre premier album, vous citiez régulièrement les mêmes artistes comme sources d'inspiration [Linkin Park, Green Day, Chris Brown]. Et aujourd'hui ? Vous goûts ont-ils changé ?

Dario – On écoute de tout. Ces derniers temps, j’ai découvert quelques DJs intéressants.
Marvin – Moi, j’écoute beaucoup de hip hop. Mon trip, en ce moment, c'est le hip hop underground. Je ne sais pas si les gens connaissent, je peux dire quelques noms ? Par exemple Joey Badass, seul ou au sein de son collectif, Pro Era. Ça, c’est de la bonne musique ! Mais je ne m’intéresse pas trop au rap allemand. Plutôt aux artistes anglo-saxons. Je veux dire : américains. J’écoute aussi pas mal de hip hop old school, genre Notorious Big, Mobb Deep, Nas ou N.W.A.
Henry – Moi aussi, j’ai énormément de musique en tête, mais pas un artiste en particulier. Je prends les chansons que je trouve bonnes, quel que soit le genre.

En 2010, vous vous êtes aussi illustrés en tant qu'acteurs. Cela vous ferait-il à nouveau plaisir de vous produire devant une caméra ?

Henry – Absolument ! Marvin – Très volontiers. Très, très, très volontiers !
Dario – Cette expérience nous a vraiment plu. Henry – Oui, oui, beaucoup.

Justement, de toutes vos activités, laquelle vous plaît le plus ? La scène, le studio, la promotion, les tournages ?

Dario – C'est un ensemble. Quand on crée de la musique, le résultat de tout cet investissement, de tout ce temps, de tous ces efforts, est comme un cadeau. Et en ce qui concerne le travail d’acteur, même si nous n'avons pas participé à l'ensemble du processus créatif – nous nous sommes contentés de jouer d'après un scénario préexistant –, nous y avons pris tout autant de plaisir.

Où vous voyez-vous dans dix ans ? Avez-vous l'intention de poursuivre une carrière dans la musique ? De poursuivre l'aventure Apollo 3 ?

Henry – Si nous voulons poursuivre avec Apollo 3 ? Mais évidemment, quelle question !
Dario – Nous essayerons toujours de développer de nouvelles idées, nous continuerons à travailler dur et, oui, dans tous les cas, la suite, ce sera avec Apollo 3.

Henry Horn, Apollo 3 live Bedburg 2013 / photo S. Mazars
Henry Horn et Apollo 3 : envie de poursuivre
Episode 1
Episode 3