Après un autre
planétarium, celui de Münster le 31 janvier dernier, c’est au Zeiss-Planetarium
de Iéna que Bernd Kistenmacher clôturait sa mini-tournée consacrée à sa
dernière production studio, l’album Paradise,
hymne à la nature et exhortation au sursaut écologique publiée en décembre
2014. Le Berlinois nous en avait fourni un premier aperçu lors du dernier festival
Electronic Circus. Cette fois, il interprétait le disque en quasi intégralité,
avant de consacrer la deuxième partie de son show à un voyage musical dans sa
discographie récente.
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| Bernd Kistenmacher sous le dôme du Zeiss-Planetarium de Iéna |
Iéna, le 28 février 2015
Iéna n’est pas seulement le site d’une victoire napoléonienne,
c’est aussi la ville qui abrite le plus ancien planétarium en activité dans le
monde. Depuis 1926, le Zeiss-Planetarium de Iéna organise des spectacles et des
manifestations pédagogiques autour de l’astronomie. De temps en temps, il
accueille aussi des musiciens dont le style ou le genre de prédilection
s’accorde avec sa double vocation rêveuse (les étoiles) et technologique (les
télescopes). Bernd Kistenmacher est désormais un habitué des lieux. Quelques
claviers (dont les Roland Jupiter 80 et Gaïa), un petit stand, tenu par son propre
fils, et les superbes peintures fractales d’Andreas Schwietzke : il n’en
faut pas plus à Bernd Kistenmacher pour assurer le spectacle.
Les fractals d’Andreas Schwietzke accompagnent Kistenmacher
depuis la tournée
Utopia. Projetées cette
fois sous le dôme du planétarium, elles prennent une dimension impressionnante.
Art figuratif ou pure abstraction ? Difficile de trancher. Si les
premières minutes du show semblent laisser entrevoir des bâtiments de marbre
dans le genre de la chapelle Sixtine, une fenêtre finit par s’ouvrir sur cette
jungle, cette forêt tropicale à laquelle Bernd Kistenmacher a dédié
Paradise. Nous aimons tous la technologie, nous apprécions tous le
confort qui nous entoure – figuré ici par ces gigantesques structures de
marbre. Mais n’oublions pas la nature, implore Kistenmacher, surtout si ce
confort, tout artificiel, s’acquiert au prix du sacrifice des forêts.
Le sommet
de l’album, et du concert de ce soir, c’est la pièce
Raindance, à laquelle Bernd a su donner une belle texture
organique, même si elle est en réalité 100% électronique.
Samples de guitare, de basse et de batterie nous ramènent à ce
vieux rock progressif floydien, déjà contestataire, déjà conscient du désastre
écologique, loin des préoccupations de la musique électronique contemporaine,
de la techno au dubstep, plutôt tournée vers le
beat, l’oubli et la fête. Kistenmacher ne veut rien oublier. Il veut croire qu'il est possible d'affronter les catastrophes contemporaines plutôt que de les fuir. D'où la tournure symphonique et dramatique de sa musique.
Dans l’ensemble, Bernd Kistenmacher ne se départit pas de
cette humeur mélancolique qui irrigue toute son œuvre depuis
Head-Visions, son premier album. Bien
plus que la légèreté et l’insouciance, cette ambiance est évidemment propice
aux œuvres durables, celles qui resteront. Kistenmacher en a déjà produit un
certain nombre depuis trente ans. Par exemple
Rücksturz ou
Ferne Ziele, et plus récemment
Lost City (
Beyond The Deep, 2010). Le concert de ce soir inscrit
Paradise dans cette lignée. L'album
comporte même deux de ces gemmes :
Raindance,
bien sûr, et l’aérien
Everlasting Magic. Bernd fait décidément partie des classiques.
Setlist :
[Set 1] Ghosts. – Born From Innocence. – Raindance. – Distant Danger. – Everlasting
Magic. – [Set 2] We Need a New Utopia. – Antimatter Suite. – [Rappel] On The
Shoulders of Atlas.
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| Bernd Kistenmacher live @ Zeiss-Planetarium Jena 2015 |
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Interview de Bernd Kistenmacher