Depuis 2014, la villa Arconati, palais rural du XVIIe siècle entouré de jardins à l’italienne, accueille chaque année un festival de musique « expérimental et durable », le Terraforma Festival. La 4e édition recevait une foule d’artistes qui m’étaient inconnus, mais aussi Arpanet, Donato Dozzy, Laraaji, Andrew Weatherall et Suzanne Ciani. Au programme, de la musique, bien sûr, du matin jusque tard dans la nuit, des ateliers, des conférences, de la nourriture bio et de l’herbe, le tout sur un site très spécial, dont l’équipe de Terraforma contribue à la restauration. Programmée au milieu d'un labyrinthe végétal en construction, Suzanne Ciani a joué sur son célèbre Buchla. Sa tournée européenne qui est également passée par Sonar, à Barcelone, s'achèvera à Londres.
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| Suzanne Ciani live @ Terraforma Festival |
Villa Arconati, près de Milan, le 24 juin 2017
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| La villa Arconati |
De labyrinthe, il y en a un. Il est encore
rudimentaire : seulement deux rangées de haies basses aisément
déchiffrables. Mais il est aussi en cours de restauration. L’équipe du festival
ne se contente pas d’établir ses quartiers une fois l’an à la villa. Elle
participe activement à sa réhabilitation, du moins, à celle des espaces verts. En
2018 devrait s’achever le projet de restauration du labyrinthe qui, croit-on,
existait là au XVIIIe siècle, et qu’on ne connaît plus que d’après les gravures
de Marc'Antonio Dal Re.
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| Laraaji |
C’est justement dans le labyrinthe que le concert de Suzanne Ciani était programmé le samedi soir. L’après-midi même, la violoncelliste canadienne Julia Kent occupait la scène principale tandis que l’Américain Laraaji se produisait un peu avant sur une scène annexe, le « Sound System », toujours accompagné de sa cithare et de son mbira, deux instruments qui ont fait sa réputation. L’ambiance n’a pas changé depuis Day of Radiance, son album fondateur, sorti en 1980 et produit par Brian Eno. Féru de culture orientale, Laraaji animait aussi à Terraforma l’un de ses Laughter Meditation Workshops qui, paraît-il, sont célébrés dans le monde entier. En un mot, il s’agissait d’une sorte de yoga pour zygomatiques.
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| Suzanne Ciani lors du workshop |
Suzanne Ciani, elle, présentait un instrument à la fois mythique et de moins en moins pratiqué : le Buchla, synthétiseur sans clavier inventé par son ami Donald Buchla dans les années 60. C’est en 2014 seulement que Suzanne Ciani a repris pied dans l’univers de la musique électronique. On a peine à croire qu’avant cette date, chaque concert de cette pionnière était une suite de pièces romantiques au piano. Suzanne, musicienne classique reconnue et diplômée, éprise de mélodie, est bien la même Suzanne qui a fait carrière dans la pub avec ses expérimentations électroniques et qui, ce soir, s’amuse comme au premier jour avec son Buchla, ses improvisations et ses bruitages la limite de l’atonalité.
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| Suzanne Ciani et son Buchla 200e |
Le concert n’a duré que 45 minutes, interrompu par une
gigantesque panne de courant. De l’aveu même de Suzanne : une première
dans sa carrière. J’ignore ce qui a provoqué la panne. Mais n’est-ce pas la
magie de l’improvisation que tout peut arriver ? Ce soir-là, cette logique
est allée à son terme.





