Il y a un an, BK&S lançaient à New York la promotion de leur album Red, à l’occasion de la toute première mini-tournée américaine du groupe. Après leur traditionnel concert de début d’année à Repelen, puis leur prestation, le 17 mai, au Cosmic Night Festival 2013, dans l’enceinte du planétarium de Bruxelles, Broekhuis, Keller & Schönwälder se retrouvaient au Luxembourg pour interpréter une dernière fois en intégralité le fruit de leur plus récente collaboration commune en studio. Au programme : Berlin School et laser show.
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| Bas Broekhuis, Detlef Keller, Mario Schönwälder |
Roodt-sur-Syre, Luxembourg, 8 juin
2013
A une quinzaine de kilomètres de Luxembourg, le Centre
culturel Syrkus surplombe le petit village de Roodt-sur-Syre, dans la commune
de Betzdorf, que Broekhuis, Keller & Schönwälder connaissent bien pour s’y être
produits en son église, en juin 2010. Cette performance a donné lieu à la
publication, le 12 janvier dernier, d’un EP, le premier d’une série de formats
plus courts initiée par Mario Schönwälder, patron de Manikin Records. Mais ce n’est
pas ce disque qui sera à l’honneur ce soir. Le trio va jouer Red (2012), son dernier effort en
studio, en intégralité. Grands amateurs d’églises, pour l’atmosphère qui y
règne et la grande qualité du son, les trois hommes se retrouvent aujourd’hui
dans une salle ultra-moderne qui, à son tour, va prouver haut la main les
mérites de son acoustique. Quant à l’atmosphère, si elle ne peut évidemment pas
rivaliser avec celle d’un édifice religieux, elle doit beaucoup aux subtils
jeux d’ombre et de lumière qui accompagnent les artistes tout au long du
concert.
Arrivés sur place la veille, ces derniers sont déjà en
pleine répétition au début de l’après-midi. Le tableau laisse alors une
impression de déjà-vu, qui se confirme dès le lever de rideau le soir venu. Le
positionnement sur scène des musiciens, celui de leur matériel, leur nombre lui-même
rappelle forcément un autre trio électronique, le Tangerine Dream de la grande
époque : Detlef au centre, comme Chris Franke, Bas à gauche, comme Edgar
Froese, Mario à droite, comme Peter Baumann. A l’instar de leurs glorieux
précurseurs, chacun des trois hommes a composé autour de lui un petit îlot de
matériel. Les synthés devant, les armoires derrière.
Detlef et Mario disposent
l'un et l'autre de plusieurs step-sequencers et de divers modules d'effets
non-identifiés, mais c'est Bas qui contrôle le séquenceur de Manikin Electronic,
le Schrittmacher, perdu au milieu d’une impressionnante valise truffée de
racks. En tant que batteur, il joue également de deux octapads, le SPD 11 (ou
SPD 20) de Roland, mais aussi le Performance Pad Pro d'Alesis. En matière de
claviers, il ne dispose en revanche que de deux petits 25 touches, qu'on le voit
peu utiliser durant le show.
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| Bas Broekhuis à l'octapad, Detlef Keller à la harpe laser, Mario Schönwälder au clavier |
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| Les essais de la harpe laser |
Mais le clou du spectacle, c’est évidemment la harpe laser
de Detlef, que le musicien allume plusieurs fois lors du concert, au gré de ses
envies. C’est tout le principe de cette musique. La formation a beau travailler
sur la base d’un album enregistré en studio, aucun des trois musiciens ne se
prive de quelques improvisations, rendant parfois méconnaissables les morceaux
originaux. Parfois, seuls les séquenceurs en témoignent, tandis que les
passages mélodiques doivent plus à l’inspiration du moment. La harpe laser est
évidemment l’instrument idéal pour ce genre d’improvisation. Spectaculaire, elle
capte aussitôt l’attention des plus jeunes membres de l’assistance. C’est l’une
des satisfactions de la soirée : si le public est plutôt clairsemé dans
cette salle de 200 places, toutes les générations sont en revanche
représentées. Les plus anciens se remémorent évidemment la harpe laser de
Jean-Michel Jarre dans les années 80. Detlef a fait développer son propre
instrument par trois firmes distinctes : High Scan pour l’optique, IFM
pour les capteurs, et Manikin pour l’électronique. Mais quel rapport entre
Manikin Electronic et Manikin Records ? Aucun, explique Mario Schönwälder à
l’issue du concert. Les responsables l’ont un jour contacté pour lui demander s’ils
pouvaient exploiter la marque et son logo. Mario a accepté. Depuis, pour le
meilleur, il ne se prive pas d’expérimenter tous les gadgets développés par la
firme. Ce soir-là, le résultat est éloquent : au total, plus de deux
heures de spectacle, parfait exemple de Berlin School traditionnelle exécutée
sur des instruments de dernière génération.
Setlist : Red One. – Red Two. –
From Red to Green. – [rappels] Tea with an Unknown Girl.
– Storm Chaser. – Source of Life.
>> Interview de BK&S







