Avec une tête d'affiche comme Ash Ra Tempel, Ron Boots ne pouvait faire que salle comble pour cette édition 2015 de son festival E-Live, à Oirschot. Et c'est bien ce qui s'est produit cette année, où les presque 300 places disponibles ont toutes été prévendues sur Internet. Pourtant, Manuel Göttsching, le fondateur d'Ash Ra Tempel, était déjà tête d'affiche l'année dernière. Mais cette fois, son vieux complice Lutz Ulbrich l'accompagnait sur scène pour un show plein de mélancolie et de mystère autour de la musique du film Le Berceau de cristal, une œuvre de 1975. Akikaze, Uni Sphere (le nouveau duo d'Eric van der Heijden et René Splinter) ainsi que les Britanniques de Vile Electrodes complétaient le casting.
Oirschot, le 24 octobre 2015
Pour cause de bavardages intempestifs, je n'ai rien vu du premier
concert de la journée, celui d'Akikaze. Ce musicien néerlandais, Pepijn Courant
de son vrai nom, revenait pourtant sur scène pour la première fois depuis onze
ans (accompagné aujourd'hui par Gert Emmens à la batterie). Pepijn faisait même
partie du label SynGate Records à l'époque héroïque de Lothar Lubitz. C'est
tout naturellement que SynGate a profité de l'occasion pour rééditer une
poignée de ses anciens disques. On me dit qu'Akikaze appartiendrait à la
tradition Berlin School (comment pourrait-il en être autrement ?), mélangeant l'influence
de Tangerine Dream à celles de Neuronium, Jarre, Vangelis et même Gandalf. Je
dois croire cela sur parole.
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| Uni Sphere |
Le duo synth-pop britannique Vile Electrodes, très remarqué
lors des éditions 2013 et 2014 du festival Electronic Circus en Allemagne et couronné
aux Schallwelle Awards, plaît décidément aux fans vieillissants d'électronique
Old School. Même à Lille, où Vile Electrodes a joué en avril devant un public
plus branché, l'assistance était à peine plus jeune, révèle Anais Neon, la
fille du groupe. En 2014, nous avions laissé Anais et son partenaire Martin Swan
en pleine préparation de leur second album. Très retardé, celui-ci paraîtra en
février prochain. En attendant, Vile Electrodes peut tout de même présenter ses
nouvelles créations, extraites du dernier EP Captive in Symmetry. Deux titres, Real 2 Reel Love et le superbe Dead
Feed, avec son entêtant refrain (« can
you help me break the cycle ? »), montrent une évolution du groupe vers un
son plus dépouillé, et une ambiance qui évoque de plus en plus… Twin Peaks. La voix claire et pure
d'Anais y est évidemment pour quelque chose. Le reste du show, avec des
morceaux désormais classiques comme Empire
of Wolves, The Future Through a Lens,
Proximity ou Tore Myself to Pieces, montre que Vile Electrodes s'est constitué
un répertoire pop très solide. Qu'attend donc Hollywood pour faire appel à
leurs services ?
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| Lutz Ulbrich |
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| Manuel Göttsching |
Manuel et Lutz ne se contentent pas de rejouer de larges extraits de la bande originale : ils proposent également un morceau inédit, conçu dans le même esprit, avant de conclure leur show par une variation plus légère sur Correlations, comme s'il s'agissait d'un signal destiné à réveiller le patient envoûté. A ce titre, Le Berceau de cristal est probablement l'un des modèles les plus aboutis du concept de deep listening, fidèle en cela à l'enseignement de Timothy Leary et à sa théorie des états modifiés de conscience.
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| Ash Ra Tempel (Lutz Ulbrich, Manuel Göttsching) live @ E-Live 2015 |














