Depuis 1992, Michael
Brückner a publié plus de cent albums de musique électronique et ambient. Si ce graphiste de métier a
autoproduit la plupart de ses disques, il fait partie, depuis 2012, de la
pléthorique écurie SynGate, qui lui apporte aujourd’hui un public plus large et
la reconnaissance de ses pairs. Invité le 29 mai à jouer pour la première fois
à l’étranger, dans le cadre du festival Cosmic Nights au planétarium de
Bruxelles, Michael Brückner organisait deux semaines auparavant une petite
répétition publique chez lui, à Mayence, devant une cinquantaine de passionnés.
L’occasion d’une petite discussion à laquelle assistait également Mathias
Brüssel le bien nommé, qui devait l’accompagner à Bruxelles.
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| Michael Brückner et son t-shirt Klaus Schulze (période Are you Sequenced ?) |
Ober-Olm (Mainz), le 16 mai 2015
As-tu suivi une
formation musicale ?
Michael Brückner – Je
suis autodidacte. J'ai même débuté assez tard, après 20 ans, alors qu'en
général, on commence à étudier la musique plutôt entre 3 et 6 ans. En revanche,
j'ai toujours aimé la musique, et voulu en faire. J'ai gardé ce rêve en tête
pendant un certain temps, et c’est en achetant mon premier clavier que j’ai
franchi le pas.
Pourquoi un clavier ?
Pourquoi pas une guitare ou une batterie ?
MB – D'abord,
parce que c'était l'instrument le plus facile à jouer. La guitare m'aurait plu également,
mais j'aurais eu plus de mal tout seul. Ensuite, j'aime les sons et les
potentialités du clavier, même si cet achat avait peu à voir avec la musique
qui m'intéressait à l'époque. Je n'ai jamais écouté exclusivement de la musique
électronique. J'aimais beaucoup le rock, le rock progressif de Yes et Camel, ou
le hard rock et le heavy metal. La musique électronique n'a représenté qu'une
partie de mon intérêt pour les années 70 en général. Une grande décennie !
D'ailleurs, on peut rattacher Klaus Schulze et Tangerine Dream aussi bien au
krautrock qu'à la musique électronique.
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| Michael Brückner en répétition |
Faire de la musique
est une chose, Décider de produire un album en est une autre. Comment est né
ton projet musical ?
MB – J'ai
toujours eu cette envie en moi. J'admirais beaucoup les musiciens. Ils étaient
des magiciens à mes yeux. Chaque fois que je me retrouvais seul dans une pièce
avec un clavier ou un orgue, il fallait absolument que j'essaie. Et dès que
quelqu'un entrait dans la pièce je m'arrêtais aussitôt ! Vers l'âge de 20 ans,
j'ai commencé à pratiquer une discipline très particulière de yoga à base de
méditation dans une sorte de communauté. On chantait des chansons, on jouait de
l'harmonium indien – cet instrument à soufflet que tu connais peut-être. Un
jour, dans la rue, sur un tas d'ordures, j'ai trouvé un petit harmonium
électrique qui fonctionnait encore. J'ai pensé qu'il pourrait me servir à
m'entraîner sur ces chansons. Mieux que ça, il m'a encouragé à chanter, moi qui
étais si mauvais chanteur. De fil en aiguille, j'ai commencé à utiliser
l'appareil pour composer mes propres morceaux. Plus tard, j'ai envisagé
d'emménager dans un nouvel appartement avec ma compagne d'alors. J'avais déjà
retiré l'argent pour la caution quand elle a brusquement changé d'avis. J'avais
donc cet argent en poche, peut-être 2000 marks. J'ai alors décidé de me faire
plaisir : je suis entré dans un magasin de musique et c'est là que j'ai acheté
mon fameux premier clavier.
Je sais bien que les
musiciens n'aiment pas être catégorisés dans des genres musicaux. Mais ces
notions sont très utiles pour savoir de quoi on parle. De ton côté, quels
genres explores-tu, quelles ambiances développes-tu dans ta musique ?
MB – J'y
réfléchissais ce matin. Le rock et la pop expriment essentiellement les
émotions et les sujets basiques de la vie quotidienne : l'amour, la colère, les
problèmes sociaux, etc. La musique ambient
permet de son côté d'aborder des thèmes plus vastes : évoquer la fonte d'un
glacier, l'orbite des planètes, l'agitation moléculaire, les nuages dans le
ciel ou la mousse sur une vieille pierre. Toutes choses très belles mais qui ne
jouent pas forcément un rôle immédiat dans le quotidien, même si on peut toujours
en ressentir des effets. Ces préoccupations conditionnent la structure des
morceaux, qui doivent être plus soutenus, qui ont besoin d'un peu plus de temps
pour se développer.
Tu parlais de Klaus Schulze
et de Tangerine Dream, et à l'instant tu citais l'ambient music. Penses-tu à des gens comme Robert Rich ou Steve
Roach ?
MB – Je les ai
découverts un peu plus tard. C'est à un membre de notre communauté yogique que
je dois d'avoir entendu pour la première fois Dreamtime Return, de Steve Roach. Quant à Robert Rich, je ne le
connais que depuis quelques années, grâce à Facebook. Son nom m'était familier,
j'avais probablement vu passer sa photo dans un magazine spécialisé, mais j'ignorais
tout de sa musique. C'est un artiste fabuleux.
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| Le coffret Michael Brückner publié en 2006. Les tranches mises bout à bout forment un visage familier. |
Et toi-même, combien
d'albums as-tu finalement enregistrés et publiés ?
MB – Alors...
C'est compliqué. Le nombre d'albums officiels est d'environ 110. Je sais, c'est
beaucoup, mais il y a une explication. Jusqu'à l'année 2006, j'enregistrais ma
musique dans mon coin, pour moi tout seul. L'objectif a toujours été de publier
un vrai disque sur un vrai label, mais je voulais attendre de réaliser un album
suffisamment bon à mes yeux.
Insinues-tu que 90%
de ta production n'est pas bonne ?
MB – Noooooon, ce
n'est pas ce que je voulais dire ! Si j'ai attendu si longtemps, c'est surtout
parce que je n'étais pas sûr de moi. Ça rejoint ta première question. J'étais
intimidé par les autres artistes qui, eux, avaient appris la musique.
J'essayais donc de faire de mon mieux pour créer un bon album. Or, jusqu'à
2005, j'estimais que ma production ne me permettait pas d'atteindre cet objectif.
A cette date, une vingtaine de disques étaient terminés – jusqu'à la couverture
– et autant de projets en cours. Puis un jour, j'ai eu une violente douleur au
côté qui m'a vraiment inquiété. Suis-je malade ? Et si je meurs ? J'ai alors
décidé qu'il n'y avait plus de temps à perdre. En un an, j'ai mis la touche
finale à toutes mes archives, et j'ai publié d'un coup l'ensemble de mes
enregistrements de 1992 à 2006 sous la forme d'un coffret. Ce n'est qu'à ce
moment que je me suis véritablement rendu compte de l'ampleur de ma production.
Finalement ça représentait 85 CD.
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Endless Mind Portal (2011) – Eleventh Sun (Luna, 2012) – Thirteen Rites of Passage (SynGate, 2013) – Ombra Revisited (Bi-Za, 2014) |
Admettons que je
souhaite faire une sélection « Michael Brückner pour les débutants » : quels
sont, disons, les 5 albums que tu me conseillerais ?
MB – Pour
commencer :
Ombra Revisited, un disque qui va dans la direction avant-gardiste de Robert
Rich ou Markus Reuter ;
Eleventh Sun, également
dans le genre
ambient ;
Thirteen Rites of Passage – encore un CD relativement récent. Je citerais aussi
une vieille production de l'an 2000 que personne ne connaît et qui s'intitule
Movies Moving in my Head. C'est une
sélection de 40 morceaux très brefs qui trouverons aussi, je l’espère, leur
modeste public. Et pour finir,
Endless Mind Portal, de 2011.
J'imagine que tu as
encore un bon paquet d'archives inédites.
MB – Oui. Rien
qu'avec Mathias Brüssel, nous avons déjà 40 heures de musique en stock alors
que nous ne collaborons que depuis deux ans. Nous enregistrons tout. Ceci
explique cela. Mais rassure-toi, on va dire que 20 heures seulement sur les 40
sont absolument géniales !
Combien de CD
vends-tu ?
MB – Presque
rien, comme la plupart de mes collègues dans le genre. Même Ombra Revisited, qui a coûté un peu plus
cher que les autres, avec une couverture de qualité personnalisable, un
pressage de 100 pièces et pas mal de publicité, ne s'est écoulé qu'à 42
exemplaires en un an sur le marché.
Changement de sujet.
Quel est ton métier ?
MB – Je suis
graphiste.
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100 Million Miles Under The Stars (SynGate, 2012) – In letzter Konsequenz (2014) –
l'excellent Sparrows avec Detlef Everling (Luna, 2014) – Two Letters From Crimea (2014) |
J'imagine que ça aide
pour élaborer les couvertures dont tu parles.
MB – Oui, plutôt.
J'ai réalisé la plupart d’entre elles.
Je crois savoir que tu
as aussi conçu le logo du sous-label de SynGate, Luna.
MB – Je connaissais
Kilian [Schlömp-Ülhoff] avant qu'il rachète SynGate. Il faisait déjà partie de
l'équipe, mais il ne s'occupait alors que de la presse, du site et de la page
Facebook. Quand Lothar Lubitz lui a vendu l'affaire, Kilian a tout de suite
voulu étendre le spectre du label à l'
ambient,
pour ne pas rester cantonné à la Berlin School – en gros, le Tangerine Dream des
années 80. Il a beaucoup réfléchi, il s'est demandé si ça ne dénaturerait pas
l'identité de SynGate ou si des gens seraient simplement intéressés. Il a donc
opté pour l'idée d'un sublabel. Et c'est à moi qu'il a confié le premier disque
de la série,
Eleventh Sun. J’avais
déjà publié chez SynGate un précédent disque, mon centième, et le premier sur
un vrai label :
100 Million Miles Under The Stars. La même année, en 2012, Kilian a fondé
Luna. Il savait que j'étais graphiste, mais il n'a pas voulu me solliciter pour
dessiner le logo. Au lieu de cela, il a demandé à l'un de ses collègues de
travail. Quand il m’a envoyé le résultat, je l’ai trouvé tellement mauvais,
tellement atroce, que je lui ai dit : « Kilian, ne te fâche pas, mais si
je dois publier de la musique sur ce label, je ne veux pas voir mon nom associé
à un logo aussi épouvantable. Laisse-moi en créer un meilleur ».
Ça ne t’empêche pas
de laisser à d’autres le soin de concevoir des pochettes, comme Andreas
Schwietzke, l'artiste fractal.
MB – Andreas est un
ami. Je suis très fan de son travail. Pour
In letzter Konsequenz, il avait créé de très nombreuses images, toutes
géniales. Le choix n’a pas été simple. Lorsque j’étais ado, j’ai moi aussi fait
de l'illustration dans le domaine du fantastique et de la science-fiction. J’aurais
aimé en faire mon métier, mais les circonstances en ont décidé autrement.
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Quatre des couvertures envisagées pour l'album In letzter Konsequenz (2013), toutes conçues par Andreas Schwietzke.
Le choix final a été décidé après un sondage sur Facebook [source]. |
A part SynGate, tu
travailles désormais avec d'autres labels. Par exemple, qui a publié Ombra Revisited ?
MB – C'est
Bi-Za Records, le label personnel du
musicien Hagen von Bergen, un vieil ami. Normalement, il ne l’utilise que comme
débouché pour ses propres productions. Mon disque est une exception, il s’agit
du premier qui ne soit pas de lui.
Dans cette forêt
d'albums, te souviens-tu seulement du dernier ?
MB – J’en ai
sorti un récemment sur un net-label américain. Il s’agit d’une série qui
s'appelle Fog Music. Ils ont choisi pour principe de nommer leurs albums par
des numéros. Et le mien s'appelle
Fog Music 35.
Mais à la date de sa publication [le 6 février 2015], la musique qui le
composait avait déjà un an. Pour moi, le disque le plus récent reste donc quand
même
Two Letters From Crimea, même s’il est sorti avant [le 16 décembre 2014].
Toi qui connais bien
les deux mondes : comment compares-tu le travail avec un label et le « do it yourself » ?
MB – Entre nous,
j'ai cette impression que, même sur un label, l’artiste fait encore beaucoup de
choses lui-même. L’avantage, par exemple chez SynGate, c'est la promotion. Mais
Kilian ne peut pas tout faire. Il gère plus de 100 artistes.
Vraiment ? En
comptant le catalogue, peut-être. Mais je crois qu’il ne doit pas y en avoir
plus de 20 actifs.
MB – Ça reste
beaucoup. En revanche, Kilian est présent sur tous les festivals, il a toujours
son stand attitré, et il rencontre les fans. Or beaucoup d’entre eux
s'orientent justement en fonction d’un label. Un type peut bien enregistrer
l’album le plus génial du monde – ou pas –, s’il le fait dans son coin, il aura
du mal à sortir de l’anonymat. En revanche, un label spécialisé comme Syngate a
déjà ses fans : des gens qui en suivent l’actualité depuis 10 ou 20 ans,
qui achètent régulièrement. Le jour où ils voient surgir un nouveau nom comme
Michael Brückner, ils vont être curieux et peut-être plus facilement concevoir
un achat. On en revient à ce que tu disais : les genres musicaux, les
catégories aident les fans à s'orienter. C’est vrai pour les ventes, en tout
cas.
Comment utilises-tu
les nouveaux outils technologiques ? Qu'est-ce qu’Internet a changé pour
toi ?
MB – Tout, je
crois. Avant, je me considérais plutôt comme un ennemi des médias. Je ne
voulais pas d'ordinateur, ni rien avoir à faire avec Internet. Aujourd'hui
encore, je n'ai pas de téléphone portable. Bon. Le mot « ennemi » est
peut-être un peu fort. Disons « critique ». Il se trouve que, peu
avant la sortie de ce fameux coffret géant, un nouveau stagiaire a commencé à
travailler chez nous, à l’imprimerie. En discutant, nous nous sommes aperçus
que nous avions beaucoup en commun. Il était DJ. Je lui ai expliqué ce que je
faisais de mon côté, en précisant que personne ne me connaissais parce que je
n'avais rien publié. Il m'a aussitôt parlé de MySpace. « Tu dois aller sur
MySpace ! Tu verras, tu rencontreras des gens qui partagent tes centres
d’intérêt, tu pourras poster ta musique, blablabla. » Je n'étais pas
convaincu, mais il m'a tanné tous les jours : « Alors ?
Alors ? Tu as un compte MySpace ? » C’est qu’il a fini par me
convaincre ! Le fait même que nous soyons assis ici ensemble aujourd’hui,
nous le lui devons entièrement. Je n'aurais jamais pu l’imaginer. D’autant plus
que personne dans mon entourage ne partageait mes goûts. Je ne connaissais pas
de label, pas de musicien, personne. Maintenant, j’ai acquis un public, des
auditeurs, des amis, je fais des voyages, des concerts. J'étais isolé, dans mon
coin, et voilà que dans 15 jours, je vais donner mon premier concert à
Bruxelles. Le premier à l'étranger, en fait.
Tu ne fais pas
beaucoup de concerts.
MB – Pendant une
longue période, je ne disposais simplement pas des instruments adaptés à la
scène. Ensuite, il se trouve que je n'ai pas assez d'argent. Je ne peux pas me
permettre de voyager beaucoup. De toute façon, je n'ai pas de voiture. Avec une
famille à nourrir, c'est un peu juste. Et puis ce n'est pas comme si j'étais invité
si souvent à jouer.
Depuis MySpace, tu
t’es inscrit un peu partout, notamment sur Bandcamp et Soundcloud. J’aimerais
savoir pourquoi Mathias Brüssel et toi avez décidé de poster sur Soundcloud vos
sessions de répétitions pour le concert de Bruxelles ?
MB – C’est une
manière de faire parler un peu de nous en attendant. Mais il y a une autre
raison. La réaction des auditeurs me permet de tenir mes incertitudes en
respect. Elle m’indique si je suis sur la bonne piste ou si je me fourvoie. Comme
je ne donne de concerts que depuis deux ans, je manque encore d'expérience, je
ne me sens toujours pas assez sûr de moi.
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| Brückner + Brüssel préparent leur concert bruxellois du 29 mai |
Comment en es-tu venu
à travailler avec Mathias Brüssel ?
Intervention de Mathias
Brüssel – Ma femme connaît son patron. Nous n'avons pas eu besoin
d'Internet pour nous rencontrer, ce qui est exceptionnel de nos jours.
Michael Brückner – Un
jour, Mathias et sa femme se sont pointés à l'imprimerie. Comme d’habitude, j’allais
leur chercher Jürgen (le patron), mais cette fois, c’est à moi qu’ils voulaient
parler.
Intervention de
Mathias Brüssel – Avant de connaître Michael, j'ai rencontré beaucoup de
jeunes très créatifs dans tous les domaines, avec lesquels j'aurais aimé
collaborer, mais ils étaient toujours très occupés par leurs études, leur
recherche d’emploi, etc. Il me fallait donc trouver quelqu’un de déjà casé,
avec un emploi et une famille, et qui ne passerait pas tout son temps libre
devant la télé. Michael correspondait au profil. Certaines de ses productions m'ont
plu, et réciproquement. Nous avons conçu notre collaboration comme une
intersection de nos deux univers musicaux.
Comment allez-vous
travailler à Bruxelles ?
Michael Brückner – En
règle générale, tout est improvisé. Nous commençons à jouer sans nous demander ce
qui va se passer ensuite. Mais cette fois, la part de composition sera plus
importante que d’habitude. Nous aurons une structure de base pour nous guider.
Qu'as-tu prévu dans
les prochains mois ? Combien d'albums ?
MB – Le plus
important dans l’immédiat, c'est de mettre la touche finale à l'album de
collaboration avec Tommy Betzler. Nous y travaillons depuis presque deux ans,
mais il y a toujours autre chose qui vient nous en distraire. Cela fait des
mois qu’il est presque terminé. Nous voulons encore inviter quelques guests sur l’un ou l’autre morceau.