Affichage des articles dont le libellé est Ron Boots. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ron Boots. Afficher tous les articles

lundi 23 mars 2015

L’hommage des Schallwelle Awards à Edgar Froese


Fondateur de Tangerine Dream et de tout un courant musical, Edgar Froese s’est éteint subitement le 20 janvier 2015. Les Schallwelle Awards, distinctions qui se réclament de son héritage, se devaient de lui rendre hommage. Quelques semaines auparavant, Sylvia Sommerfeld, organisatrice de l’événement, se réjouissait de la présence du maestro, lui qui devait être honoré d’un Schallwelle d’honneur à l’occasion de cette septième édition. C’est donc à titre posthume, et très tard dans la nuit, que la statuette lui été décernée. Thorsten Quaeschning, son partenaire depuis dix ans au sein de Tangerine Dream, était venu la recevoir en son nom. Coïncidence : son groupe Picture Palace music donnait aussi le concert d’ouverture de cette cérémonie, et repartait à son tour avec un trophée.

 

Edgar Froese sous le dôme du planétarium de Bochum, Schallwelle Awards 2015 / photo S. Mazars
Dernier hommage à Edgar Froese sous le dôme du planétarium de Bochum, Schallwelle Awards

Bochum, le 21 mars 2015

Tangerine Dream –
Phaedra Farewell Tour 2014
Ce soir-là, sous le dôme du planétarium de Bochum, l’hommage à Edgar Froese éclipsait (sauf, peut-être, pour les artistes nominés) l’enjeu de la remise des prix. Celle-ci se révélait d’ailleurs très vite sans surprise. Si Analog Overdose 5 de Fanger & Schönwälder, ou Staub de l'un des plus talentueux jeunes disciples de Froese, Wolfram Spyra, ne manquaient pas de qualités pour prétendre au titre de Meilleur Album national (c’est-à-dire allemand) de l’année, comment ne pas récompenser Tangerine Dream et son Phaedra Farewell Tour au titre prophétique, revue de la tournée européenne du groupe au printemps 2014 ? Sorcerer 2014, un autre album de TD, concourrait dans la même catégorie, ainsi que, chose étonnante, une compilation de Picture Palace music.

MorPheuSz - Tantalizing Thoughts at the Dawn of Dreams / source : discogs.com
MorPheuSz –
Tantalizing Thoughts at the Dawn of Dreams
Du côté de l'Album international de l’année, le trophée ne pouvait échapper à Ron Boots et ses amis de MorPheuSz pour Tantalizing Thoughts at the Dawn of Dreams. La formation néerlando-germanique composée de Boots, Frank Dorritke, Eric et Harold van der Heijden, très active l'an passé, semble avoir trouvé le truc pour séduire le public ronronnant des Schallwelle : un mix d'easy listening et de rock, souligné par la guitare de Frank et la batterie d'Harold. Le groupe rafle pour la même raison le titre de Meilleur Artiste étranger devant… Pink Floyd, dont la nomination aux Schallwelle suscitait de nombreuses interrogations. Dépourvu de cette facette rock mais non de rythme et de mélodies accrocheuses, le Best Newcomer, Thomas Jung, appartient semble-t-il à la même école que MorPheuSz : les inévitables séquences pour les basses, quelques accords, des airs simples. La musique électronique traditionnelle a-t-elle trouvé sa voie ? Se serait-elle définitivement affranchie de la Berlin School deux mois seulement après la mort d’Edgar Froese ?

Bernd-Michael Land dans son studio / source : bernd-michael-land.com
Bernd-Michael Land dans son studio (source : bernd-michael-land.com)
C’est là que les Schallwelle réservent leur première surprise. Alors qu’on attendait le plébiscite de Tangerine Dream dans la catégorie Meilleur Artiste allemand, la récompense revient à Bernd-Michael Land, sympathique papy aux cheveux orange, collectionneur de synthés (il possède, paraît-il, l’un des plus volumineux systèmes modulaires d’Allemagne), détenteur d’une Ford T customisée (le moteur est si puissant qu’il n’a jamais roulé avec, de peur que la voiture s’envole), et enfin fervent convaincu de l’existence des extraterrestres.
Bernd-Michael Land dans son studio / source : bernd-michael-land.com
(source : bernd-michael-land.com)
Né à Francfort en 1954, Bernd-Michael Land a commencé la musique à la fin des années 60. Encore aujourd’hui, il utilise son système modulaire pour tirer des sons expérimentaux dans la droite ligne de Phaedra. Récompenser cet homme plutôt que TD est, en définitive, une manière plus subtile de rendre hommage à Edgar Froese. C’est aussi une manière de reconnaître l’art de la débrouille propre à cette époque, et que des artistes comme Bernd-Michael Land perpétuent. L’homme fait tout tout seul et publie lui-même ses disques, dont les couvertures épouvantables rappellent l’ambiance des fanzines des années 70. En 2015, il sort ainsi pas moins de cinq albums : en solo, sous le nom d’Alien Project, ou en collaboration.


Entre le rock de MorPheuSz et l’électronique vintage de Bernd-Michael Land, l’écart est abyssal. Il démontre s’il en était besoin l’étendue de la notion de « musique électronique ». Le mini-concert d’ouverture de Picture Palace music en exprime encore un aspect différent. Plus difficile d’accès, parfois dissonante, la musique de Picture Palace music occupe depuis longtemps une place à part. Ce soir, elle a des accents industriels, voire dubstep, Thorsten Quaeschning ayant vraisemblablement fait l’acquisition récente de quelques modules dédiés aux effets si caractéristiques de ce courant.

Picture Palace music / source : picture-palace-music.com
Picture Palace music (source : picture-palace-music.com)

Sa prestation révèle une facette totalement inattendue de la musique électronique, dont la plupart des promoteurs n’ont de cesse de souligner la liberté sans commune mesure dont elle serait porteuse. Aucune limite, aucun besoin d’apprendre ! Pourtant, force est de constater que, chaque fois qu’un nouveau genre électronique émerge, son origine peut être attribuée à un nouvel instrument, une nouvelle pédale d’effet ou un nouveau plugin bien plus souvent qu’à l’inspiration subite de tel ou tel artiste. La technologie ne nous détermine-t-elle pas plus qu’elle ne nous rend libre ? La discussion est ouverte. Elle n’empêche pas Picture Palace music de remporter le premier trophée d’une nouvelle catégorie, le Titre de l’année, dont la création témoigne peut-être, de la part des organisateurs, d’un désir de capter un nouvel auditoire en privilégiant le format court. En effet, comment attirer l’attention d’un public dont les oreilles sont de plus en plus sollicitées ? Vaste sujet.

Toutes ces questions passent au second plan lorsque vient le moment d’honorer la mémoire d’Edgar Froese. René Splinter, a qui a été confié le second mini-concert de la soirée, rend sans doute l’un des plus beaux hommages possibles au fondateur de Tangerine Dream. Tout son show évoque le groupe mythique. On y sent des réminiscences de Logos, de Poland, et le public frémit aussitôt en reconnaissant la mélodie de Stuntman, l’un des titres phares d’Edgar Froese en solo, dans un arrangement au piano particulièrement bienvenu.

Schallwelle Awards 2015, Thomas Gonsior, Sylvia Sommerfeld / photo S. Mazars
Thomas Gonsior, Sylvia Sommerfeld
Thomas Gonsior ne pouvait pas ne pas poser la question à Thorsten Quaeschning. Tangerine Dream va-t-il survivre à Edgar Froese, éventuellement avec l’appui d’anciens membres ? L’un d’entre eux, le propre fils d’Edgar, avait déjà tranché ce sujet sur Facebook par un « non » catégorique et définitif. Thorsten ne se laisse pas déstabiliser. «Si nous continuons ? Bien entendu : après le Phaedra Farewell Tour, nous entamons cette année le Rubycon Farewell Tour, puis nous enchaînons l’année suivante avec le Ricochet Farewell Tour et ainsi de suite, jusqu’au Farewell Farewell Tour ». S’il s’empresse d’ajouter que non, il ne ferme pas la porte, qu’il doit se laisser le temps de réfléchir, on imagine mal Thorsten Quaeschning revenir sur scène sous la bannière Tangerine Dream. Mais c’est son trait d’humour qui révèle le mieux l’incongruité d’une telle idée.

Schallwelle Awards 2015, Thorsten Quaeschning / photo S. Mazars
Thorsten Quaeschning rend hommage à Edgar Froese
Pressé de reprendre la parole un peu plus tard pour rendre un dernier hommage au maestro, Thorsten semble un moment se laisser submerger par l’émotion. Peut-être a-t-il aussi le sentiment de ne pas être le mieux placé pour cette tâche ? Ne sachant que dire, cherchant ses mots, il ne peut que réaffirmer son immense gratitude envers Edgar, avant de conclure « Les morts ne meurent vraiment que lorsque les vivants ont oublié leurs noms... ». Ses dernières syllabes articuleront donc celui du maître lui-même : « Edgar Froese ».

Winfrid Trenkler, homme de radio à  qui revient le mot de la fin, se montre évidemment plus loquace. C’est à lui que des groupes comme Tangerine Dream doivent d’avoir accédé à la notoriété en Allemagne, c’est à son micro qu’ils ont répondu à leurs premières interviews. Trenkler, qui vient directement de Suède où il habite désormais, a eu le temps de monter quelques extraits d’une interview de 1975, véritable document historique pour qui s’intéresse aux développements de la musique électronique. Il en fait bien sûr profiter l’auditoire. A l’époque, l’album Phaedra était encore frais. Edgar raconte comment le groupe avait décidé sur un coup de tête de revendre tous ses instruments conventionnels – les guitares, la batterie, tout ! –, pour investir dans ces nouveaux outils appelés synthétiseurs… sans savoir comment s’en servir. Il a fallu des semaines avant d’en tirer le moindre son convenable, et Phaedra reste le témoin de cette prise en main difficile.

Pour Winfrid Trenkler, c’est à ce saut dans l’inconnu, commercialement suicidaire, effectué par des gens comme Froese à l’époque, que nous devons la banalisation actuelle des instruments électroniques. Mieux : ce saut dans l’inconnu est la démarche par excellence de tout artiste novateur. Mais Trenkler ne s’arrête pas à cette rhétorique progressiste. S’il n’hésite pas à placer Froese à égalité avec Bach, Mozart et Beethoven au panthéon de l’histoire de la musique, il sait aussi qu’il ne suffit pas d’être novateur. Il faut aussi avoir une postérité. « Le roi est mort, vive le roi ! », s’empresse-t-il d’ajouter. Sans postérité, la plus géniale innovation retombera invariablement dans l’oubli. Seule la postérité fonde la culture et c’est précisément pourquoi, plus que jamais aujourd’hui, la scène électronique traditionnelle, la fameuse Berlin School, doit survivre. Pour que l’œuvre d’Edgar Froese, et pas seulement son nom, ne meurt jamais.

Schallwelle Awards 2015 / photo S. Mazars

Palmarès. Prix spécial : Edgar Froese. – Meilleur Artiste allemand : Bernd-Michael Land. – Meilleur Artiste international : MorPheuSz. – Meilleur Album allemand : Phaedra Farewell Tour (Tangerine Dream). – Meilleur Album international : Tantalizing Thoughts at the Dawn of Dreams (MorPheuSz). – Meilleur morceau : Sleepwalking Marathon (is not Olympic) (Picture Palace music). – Meilleur Espoir : Thomas Jung.


lundi 16 décembre 2013

Ron Boots et la Eindhovense School : une vie dédiée à la musique

 

Même en Belgique, où se déroule le premier B-Wave Festival, l’influence de l’Allemagne reste palpable. Mais la Berlin School n’est pas la seule école de musique électronique old school. S’il faut parler des Pays-Bas, et s’il faut parler de musique électronique, alors tous les chemins mènent à Ron. Natif d’Eindhoven, synthésiste depuis bientôt trente ans, créateur du label et du site de distribution en ligne Groove Unlimited en 1997, organisateur du E-Live, festival annuel de musique électronique, Ron Boot est sans doute la figure centrale du genre dans son pays. Ce personnage généreux et positif, dévoué à sa passion et aux autres, trouve même le temps d’animer son propre podcast, Dreamscape Radio. Il sait aussi se faire l’observateur avisé des mutations de l’industrie musicale. Entretien à Heusden-Zolder, entre deux concerts.

 

Ron Boots @ Schallwelle Awards 2012 / photo : A. Savin (c)(c), source : Wikipedia
Ron Boots @ Schallwelle Awards 2012 / (photo : A. Savin)

Heusden-Zolder (Belgique), le 7 décembre 2013

Dis-moi, Ron, comment as-tu découvert la musique électronique ?

Ron Boots – Ouh ! C’est une longue histoire ! Je suis fan depuis mes 14 ans. J’en ai 52 aujourd’hui. J’ai commencé à écouter Pink Floyd, Mike Oldfield, les premiers albums de Vangelis, le rock progressif de Genesis – spécialement à leurs débuts avec Peter Gabriel –, Saga… J’aimais aussi Tangerine Dream et Klaus Schulze mais pas leurs premiers disques. Je trouve Zeit [de Tangerine Dream, 1972] et Cyborg [de Klaus Schulze, 1972] vraiment trop sinistres. Ce n’est pas mon truc. En revanche, j’ai immédiatement aimé Schulze à partir de Blackdance [1974], et Tangerine Dream avec Phaedra [1974] et Ricochet [1975].

Tu cites parfois d’autres influences, comme la musique ambient.

RB – Oui, mais l’ambient est arrivée plus tard. Dans les années 70, on pourrait à la limite déjà nommer ambient les plages les plus tranquilles des disques de Pink Floyd ou Alan Parsons. En revanche, j’aimais déjà la musique classique. Je suis un grand fan de Beethoven et de Grieg. Et curieusement, j’ai Mozart en horreur. Ne me demande pas pourquoi. Au lycée, nous avions fondé un groupe de rock avec des amis. On jouait les chansons du top 40, n’importe quel titre accrocheur faisait l’affaire. Du style : « Whatever you want, whatever you like » [il fredonne le tube de Status Quo]. A cette époque, je ne savais même pas jouer d’un instrument. Je me suis donc mis au chant, simplement parce que j’avais remarqué que le guitariste et le chanteur emballent toujours les plus jolies filles. Depuis lors, je n’ai plus jamais quitté le monde de la musique. En 1984, j’ai acheté mon premier synthé et j’ai commencé à produire de la musique électronique. A Eindhoven, il existait alors un petit cercle d’amateurs. Après avoir découvert mes cassettes, ils m’ont demandé de rejoindre leur bande.

Est-ce de là que provient la notion de « Eindhovense School », « L’école d’Eindhoven », dont on parle parfois en référence à la Berlin School ? Comment les deux écoles se distinguent-elles musicalement ?

RB – La Eindhovense School est liée à la concentration, autour d’Eindhoven, d’une petite communauté de fans de Tangerine Dream et de Klaus Schulze, qui s’étaient regroupés au sein d’une association : KLEM [Klub Liefhebbers Elektronische Muziek]. Sous la houlette de son fondateur, Frits Couwenberg, le club a commencé par publier un magazine bimestriel, avant de lancer son propre festival annuel, le KLEMdag, en 1988. Plusieurs membres de l’association étaient musiciens. C’est là que j’ai rencontré des artistes comme Bas Broekhuis et Eric van der Heijden. En 1989, Bas et moi avons eu l’idée de fonder une compagnie, Synteam. L’essentiel de nos activités consistait à publier des cassettes et à organiser des concerts, souvent dans des églises. Ce sont ces manifestations qui nous ont permis peu à peu de développer un style qui nous était propre, certes largement inspiré de la Berlin School, mais plus léger. Les séquenceurs restent la base, mais ils sont moins proéminents. Nous ajoutons toujours une touche mélodique.

Irais-tu jusqu’à dire qu’il s’agit d’une musique plus joyeuse ?

RB – Plus joyeuse, non, mais plus décontractée, assurément. Nous ne cultivons pas ce côté sombre parfois associé à la Berlin School, ce côté doombient. Notre musique renferme un petit peu plus d’espoir, comme je le répète souvent. C’est le fondement de la Eindhovense School. Et tout vient en fait de ces quatre ou cinq musiciens.

Ron Boots - Different Stories and Twisted Tales, Acoustic Shadows, Signs in the Sand / sources : (1+2) Discogs, (3) Cue Records
Different Stories and Twisted Tales, Acoustic Shadows, Signs in the Sand : trois disques de Ron Boots, trois ambiances

D’après les titres et les couvertures de tes disques, je dirais que tu aimes particulièrement la science-fiction. Est-elle ta seule source d’inspiration ?

RB – J’aime la science-fiction, c’est un fait. J’aime lire de la SF, même si je n’ai plus le temps aujourd’hui. En tout cas, j’en ai lu beaucoup. Je suis aussi un grand amateur d’histoire. J’ai toujours rêvé de devenir prof d’histoire. Comme j’ai commencé à travailler à 18 ans, ça ne s’est jamais fait. Mais toutes ces passions imprègnent effectivement ma musique. Par exemple, Dreamscape, mon premier CD [1990], évoque l’état de conscience qui survient quand tu fermes les yeux et que tu écoutes de la musique. Different Stories and Twisted Tales [1993] traduit en sons quelques légendes des temps anciens. J’ai consacré Acoustic Shadows [2006] aux guerres mondiales. Et sur See Beyond Times and Look Beyond Words [2008], je mets en musique les histoires d’écrivains comme Stephen King.

Ton dernier disque, Signs in the Sand, publié en 2012, s’attache-t-il aussi à un concept particulier ?

RB – Cette fois, l’idée était de composer un album à la manière de Klaus Schulze. Il s’agit d’un hommage à la période de Klaus que je préfère, de 1975 à 1981.

Ron Boots et Remy live @ Grote of St.Bavokerk, 19 mai 2012 / photo : André Stooker, source : Remy Stroomer
Ron Boots et Remy live @ Haarlem (photo : André Stooker)
1981, c’est l’année de son excellent Trancefer.

RB – Oui, mais moi, l’album de lui que je préfère sera toujours X [1978]. J’ai voulu reproduire ce style, tout en ajoutant ma propre touche. La musique de Signs in the Sand résulte d’un concert dans une église de Haarlem en mai 2012, au cours duquel intervenaient un vrai orgue et un vrai chœur. Mais le titre en lui-même n’a pas de signification particulière. Il ne faut pas trop accorder d’importance à mes titres ! Désormais, je me contente simplement d’éviter les références trop évidentes à l’espace, aux voyages et aux étoiles si souvent associées à ce style de musique.

Hors des Pays-Bas, tu es bien connu ailleurs en Europe, notamment en Allemagne, pour d’évidentes raisons. Qu’en est-il de la France ?

RB – Figure-toi que j’ai eu mon heure de gloire en France. Il fut un temps où j’y ai joui d’une certaine notoriété. J’avais même un agent ! Il m’a trouvé plus d’une date. En 1995, je me suis produit à Dunkerque, à l’occasion d’un festival sur la plage, devant 12000 personnes ! J’ai joué dans plusieurs planétariums importants, comme à Pleumeur-Bodou, en Bretagne, ou au planétarium de Villeneuve d’Ascq, près de Lille. Mon dernier concert en France doit remonter à 2001-2002. Tout ça parce que l’agent en question, qui pratiquait cette activité pendant son temps libre, avait décidé d’arrêter. Mais ce fut une grande période, au cours de laquelle j’ai même eu droit à mon propre bac « Ron Boots » au rayon « new age et musique synthétique » du Virgin Megastore de Paris. Il y avait aussi une scène très active en France à cette époque.

Ce succès t’a-t-il permis de devenir professionnel ?

RB – Oui et non ! Je pourrais me permettre de vivre de mes compositions, mais alors il me serait impossible de financer mes autres activités. J’ai donc un job à temps partiel. Je travaille trois jours par semaine dans un magasin de musique où je vends des instruments électroniques. Ça me permet de découvrir de nouveaux disques, de tester de nouveaux instruments, et éventuellement de les acheter beaucoup moins chers. Je reste au fait de l’actualité et des derniers développements technologiques. Tout ça, de l’intérieur, pour ainsi dire. Mais l’argent que j’en retire, je peux le réinvestir dans Groove. C’est le plus important.

Voilà qui nous amène à deux autres piliers, tout aussi essentiels, de ta carrière : la maison de disque Groove Unlimited et le festival E-Live.

RB – Quand, en 1998, Frits nous a annoncé qu’il arrêtait le KLEMdag, j’ai trouvé que c’était trop bête, parce qu’il s’agissait d’un événement reconnu. Je lui ai alors fait part de mon intention de prendre le relai. Il a acquiescé, à condition que je n’utilise pas le nom de KLEM. Un an plus tard, en 1999, nous organisions le premier E-Live. Ça fait quinze ans. En comptant le KLEMdag, je poursuis donc cette aventure depuis un quart de siècle.

Et qu’est-ce que le E-Day ?

RB – Après quelques années, j’ai remarqué que nous commencions à nous trouver à l’étroit, car beaucoup de nouveaux groupes voulaient jouer chez nous, or nous n’avions qu’un festival. Comme le printemps ne croulait pas sous les événements à cette époque, nous avons sauté sur l’occasion pour en ajouter un second. Nous avions déjà l’endroit, la salle et les artistes, alors pourquoi pas ? Le premier E-Day s’est déroulé en 2005. Mais dès le début, il fut conçu dans un esprit un peu différent du E-Live. E-Live, c’est la Berlin School, la musique électronique traditionnelle : Ian Boddy, Mark Shreeve, Radio Massacre International, Loom, Tangerine Dream. E-Day nous a permis de programmer d’autres styles de musiques, comme l’ambient, avec Michael Stearns et Robert Rich. Déjà en 1999, un musicien ambient s’était produit au E-Live : le Norvégien Biosphere, alors pratiquement inconnu. Cela montre bien que mon intérêt pour ce style n’est pas nouveau.

Le public attiré par ce genre de festival semble décroître d’année en année. Est-ce inquiétant ?

RB – Il y a eu une décrue c’est vrai, mais la tendance s’inverse à nouveau. Cette année, par exemple, E-Live a attiré plus de visiteurs (environ 280) qu’il y a trois ou quatre ans. En ce qui concerne le B-Wave Festival, on ne peut pas encore comparer, puisqu’il s’agit d’une première. C’est l’exemple parfait d’une manifestation qui ne peut que grandir pourvu que ses organisateurs s’investissent à fond, qu’ils programment plus de musiciens, et surtout plus de têtes d’affiche. J’insiste, c’est important. Tangerine Dream a joué à guichets fermés au E-Day [le 13 avril 2008]. Loom a fait de même au E-Live [15 octobre 2011]. De telles affiches fidélisent. A chaque fois, de nombreux spectateurs décident de revenir l’année qui suit.

Venons-en enfin à Groove, ta maison de disques.

RB – J’ai fondé mon propre label dès 1992 [Cue Records Netherlands, rebaptisé Groove Unlimited cinq ans plus tard pour éviter la confusion avec Cue Records, la maison de disque allemande de Jörg Strawe]. Il s’agissait de poursuivre la même idée, contribuer à la promotion de la musique électronique et de ses artistes.

Qui sont les artistes Groove ?

RB – Une vingtaine de noms composent le catalogue. Nous avons fait trois disques avec Picture Palace music, dont le dernier, Remnants, est sorti en novembre. Nous venons de signer avec Bernd Kistenmacher pour son nouvel album, Utopia. Il y a des Anglais : VoLt – belle musique ! [Ron porte même leur t-shirt] – et leurs deux spin off. Des Belges : le nouvel album du duo Pillion ne devrait plus tarder. Je peux aussi mentionner Eric van der Heijden, René Splinter, moi-même et bien sûr Gert Emmens, sans doute le plus célèbre parmi les musiciens de la scène électronique néerlandaise. Nous nous occupons également du plus jeune d’entre eux, le petit Jeffrey, que je soutiens de toutes mes forces…

… et qui est plus connu sous le nom de Synthex : nous en reparlerons.

RB – Très bonne idée !

Quelle est la procédure ? Signez-vous des contrats en bonne et due forme ou vous contentez-vous d’une poignée de main ?

RB – Il y a toujours un contrat au départ, mais ensuite, on peut l’oublier dans un tiroir. Il serait toujours temps de le ressortir si par hypothèse un différend devait survenir.

M et Mme Ron Boots au B-Wave Festival devant le stand Groove / photo S. Mazars
Groove Unlimited, une entreprise familiale : M et Mme Boots
La crise de l’industrie musicale ne rend-elle pas plus périlleuse la gestion d’une maison de disque ?

RB – Détrompe-toi, c’est devenu plus facile. Jusqu’à 2005-2007, la chute des ventes de disques a été incontestable, même chez nous. Le public ne pouvait plus nous trouver. Les émissions de radio spécialisées avaient disparu les unes après les autres. Surtout, Internet n’était pas du tout ce qu’il est devenu aujourd’hui. Avec le développement du téléchargement, avec les réseaux comme Facebook, les web radios, nous sommes de nouveaux visibles, et on en revient à l’état d’il y a dix ans, vers 2002-2003.

Groove a presque connu les débuts d’Internet.

RB – C’est exact. Rends-toi compte : la boutique en ligne a été fondée en 1996 !

Que penses-tu du téléchargement ?

RB – Nous en proposons. Tous les CD que nous vendons sont aussi disponibles en téléchargement. En passer par là constitue une obligation de nos jours, sinon les internautes se servent de toute manière illégalement. Et ça, c’est décourageant pour les artistes. Je n’aime pas non plus Spotify. Les musiciens n’en retirent rien. Mais iTunes fait du bon travail, Amazon et MusicZeit aussi. Et bien sûr Groove download ! Le téléchargement a un autre avantage. Envoyer un objet à l’étranger est devenu hors de prix. Si je veux expédier un seul CD aux Etats-Unis, il m’en coûtera 7 euros. Le téléchargement réduit le coût d’acheminement à zéro. En plus, grâce au format lossless Flac, que nous proposons aussi, la qualité reste identique. En revanche, je garde le CD en haute estime. Il reste un merveilleux produit. En tant qu’acheteur, j’aime l’objet. Je m’efforcerai toujours de vendre de vrais CD pressés. En général, nous débutons sur une base de 500 exemplaires. Si j’avais le courage et l’argent, je produirais même des vinyles. Mais ce serait du luxe. Il faudrait investir beaucoup pour peu de revenus : soit un véritable gouffre financier. Une bonne sortie CD, accompagnée de son téléchargement, permet d’atteindre des chiffres très corrects. L’artiste gagne de l’argent, nous aussi, ce qui nous permet de maintenir un standard de qualité élevé.

Est-ce l’exigence fondamentale ?

RB – Le problème, c’est que tout le monde peut désormais uploader sa musique sur le net. Littéralement n’importe qui. Et donc, de mon point de vue, il y a trop de mauvaise musique en circulation. Trop de musique pas bien mixée, pas bien masterisée. Quelqu’un s’assied dans son studio, enregistre son truc pendant trois ou quatre heures et commercialise le tout immédiatement sur n’importe quelle plateforme pour 4 euros. Pour moi, c’est de la m****. Je n’achèterais pas ça. Je n’écouterais même pas. Ce serait perdre mon temps. Alors qu’il y a de la vraie belle musique par ailleurs. Jeffrey en est un bon exemple. Un petit gars talentueux, mais perdu au milieu d’une masse de musique électronique de piètre qualité. C’est dommage, car on peut passer à côté de vrais joyaux.

Pour éviter cela, un musicien débutant devrait-il obligatoirement passer par une maison de disques ?

RB – Eh bien non ! Moi-même, je ne l’ai jamais fait. Si tu crois en ta musique, alors rien ne t’empêche de t’autoproduire. Sortir un CD, ce n’est plus si cher. Je tiens à le dire à tous ceux qui liront cette interview. Ceux qui veulent se lancer, qu’ils m’écrivent, et je leur donnerai toutes les idées, toutes les infos que j’ai amassées sur le sujet en vingt-cinq ans d’expérience. Je peux aussi les aider à publier leur CD, même s’ils n’ont pas d’argent, Groove investira toujours dans de la bonne musique. Et il y en a toujours. Mais ceux qui en composent ne doivent rien lâcher.

Peux-tu déjà me révéler l’affiche du prochain E-Day, le 10 mai 2014 ?

RB – Je ne peux pas, rien n’est signé. Mais si qui je crois vient jouer, alors nous aurons à nouveau droit à une journée extraordinaire.

Avec toutes tes activités, te reste-t-il du temps à consacrer à ton prochain album ?

Le 9 novembre dernier, j’ai participé à un petit festival tout nouveau, la première Ambient Music Night, dans la vieille église de Middelbeers, près d’Eindhoven. Il s’agit de pure ambient music, dans la veine de Biosphere. J’ai enregistré le concert, le mixage est presque terminé, et j’aimerais le publier en CD dès le 1er janvier.


vendredi 25 octobre 2013

E-Live 2013 : la Hollande, l'autre pays de la musique électronique

 

Créé par le natif d'Eindhoven Ron Boots, figure centrale de la scène électronique néerlandaise, E-Live Festival célébrait le 19 octobre 2013 son quinzième anniversaire. Avec Beyond Berlin, ViTaL (VoLt + Tylas + Lamp), The Other Side of F.D. Project et le duo ARC, formé par les Anglais Ian Boddy and Mark Shreeve en tête d'affiche, la programmation de cette édition signait l'ancrage d'E-Live dans l’univers de la musique électronique vintage. Depuis 2009, le festival se déroule au centre culturel De Enck, à Oirschot, à quelques kilomètres au nord-ouest d'Eindhoven.

 

 ARC (Ian Boddy et Mark Shreeve) @ E-Live 2013 / photo S. Mazars

ARC (Ian Boddy et Mark Shreeve) têtes d'affiche de l'édition 2013 du festival E-Live 2013

Oirschot (Pays-Bas), le 19 octobre 2013

Marqué dans les années 70 par la Berlin School et les sonorités nouvelles alors en provenance d'Allemagne, Ron Boots commence, au milieu de la décennie suivante, à produire sa propre musique, devenant le pape d'une Eindhovense School alors émergente et aujourd'hui pléthorique. Mais il ne s'arrête pas là. Organisateur né, Ron Boots est aussi à l'origine de la maison de disques Groove Unlimited, également distributeur mondial de la plupart des labels spécialisés. Enfin, c'est en 1998, qu'il fonde E-Live, festival de musique électronique traditionnelle de renommée internationale. Nous aurons prochainement l'occasion de reparler de la manifestation et de ses racines. Au cœur du centre culturel De Enck, la scène assez large du RaboTheater permet à tous les musiciens du jour, y compris les deux têtes d'affiche, de disposer à l'avance l'ensemble de leur matériel avant le début du premier show, si bien qu'à l'ouverture des portes, tout est déjà prêt, dans un indescriptible fouillis d’instruments divers qui seront retirés au fur et à mesure. La méthode à l'avantage de limiter la durée des pauses. Mais chacune d'entre elles permet à Rémy, l'un des jeunes représentants de cette scène néerlandaise, de se produire dans une salle secondaire, située au-dessus du RaboTheater, en compagnie des sociétaires de My Breath My Music, une association locale destinée à la promotion de la pratique musicale par les handicapés moteurs.

Beyond Berlin (Martin Peters et Rene Bakker) @ E-Live 2013 / photo S. Mazars
Beyond Berlin
Beyond Berlin, le groupe d'ouverture de ce E-Live 2013, réunit Martin Peters et Rene Bakker, deux musiciens néerlandais très actifs sur Internet. Les deux hommes ne cachent pas leur nostalgie pour cette époque où « musique électronique » signifiait avant tout synthétiseurs analogiques et séquenceurs. Le duo produit donc une musique largement dominée par ces derniers, de la pure Berlin School, improvisée sur des instruments parfois fabriqués par leurs soins. Construit autour d'un enchaînement de motifs séquencés, leur set permet de comprendre à quel point la structure même d’un morceau Berlin School dépend de sa technique de fabrication. Il arrive ainsi que la durée de ces longues improvisations ne tienne en fait qu'à la durée nécessaire aux différents réglages des appareils. C'est le cas ce soir. Quand Martin Peter doit modifier les branchements jack de l’un de ses séquenceurs, il faut bien que René Bakker meuble avec quelques accords tandis que son partenaire, perplexe, consulte ses notes en se grattant la tête avant de lancer, finalement, la suite du programme.

ViTaL (VoLt + Tylas + Lamp) @ E-Live 2013 / photo S. Mazars
VoLt & friends
Après une courte pause, un autre duo, britannique cette fois, succède à Beyond Berlin. Composé de Michael Shipway et Steve Smith, VoLt a remporté cette année le prix du Meilleur Artiste international aux Schallwelle Awards. Synthétiseurs analogiques, numériques, instruments virtuels : VoLt puise dans toutes les ressources de la technologie. Mais si celle-ci ne cesse d'évoluer, ce n'est pas nécessairement le cas du son lui-même. Ce soir, la musique de VoLt reproduit des textures et des rythmiques très en vogue au début des années 90 quand, grâce à la généralisation du sampling, les boîtes à rythme commençaient à s'éloigner de la synthèse, avec plus ou moins de bonheur. Plus proches de la pop que de la Berlin School, Shipway et Smith sont impliqués dans divers projets parallèles. C’est ainsi qu’après vingt minutes en duo, Smith quitte son collègue, le temps pour Shipway de reformer son autre duo, Lamp, avec le guitariste Garth Jones. Puis c'est au tour de Shipway de quitter la scène pour laisser la place à Smith et à ses deux amis de Tylas Cyndrome, le guitariste Alan Ford et le batteur Les Sims. La scène est donc bien encombrée lorsque tous les musiciens se retrouvent pour un ultime morceau.

F.D. Project (Frank Dorittke) & Eric Van Der Heijden @ E-Live 2013 / photo S. Mazars
F.D. Project
Contraste radical lorsque Frank Dorittke, alias F.D. Project, se présente à son tour devant le public. L'Allemand est seul derrière ses claviers pendant toute la première partie du concert. Au programme : textures éthérées et séquences lumineuses, dans la grande tradition de la Berlin School, dont Frank est un inconditionnel, même s’il est avant tout guitariste. Dans la seconde partie, il laisse ainsi défiler ses claviers en playback, s’attachant seulement à ses solos, floydiens ou oldfieldiens selon l’inspiration. C’est alors qu’Eric Van Der Heijden, son comparse du groupe MorPheuSz, qui compte aussi Harold Van Der Heijden et Ron Boots, vient l’accompagner à la flûte (en fait, un contrôleur MIDI à vent développé par Yamaha). Le public approuve bruyamment, mais c’est probablement le dernier solo de Frank, intense et dramatique, qui récoltera ce soir les applaudissements les plus nourris.

ARC (Ian Boddy et Mark Shreeve) @ E-Live 2013 / photo S. Mazars
Ian Boddy & Mark Shreeve @ E-Live 2013

Lorsque le public investit pour la dernière fois le RaboTheater, c’est pour constater que le capharnaüm a été entièrement remballé. Exit les forêts de claviers et de racks, de cordons et de diodes. Exit, aussi, les projections vidéo sur l’écran derrière la scène, remplacées par un rideau bleu d’une sobriété absolue. Et au milieu de cette scène qui paraît soudain immense, il ne reste plus, chacun entouré de son petit îlot d’instruments, que deux hommes assis côte à côte : Ian Boddy et Mark Shreeve. Soit deux légendes de la musique électronique britannique depuis le début des années 80. Ami de longue date de Ron Boots, le premier fut très influencé par la Berlin School avant d’explorer d’autres horizons, notablement l’ambient. En solo ou en collaboration, il a publié un nombre incalculable de disques sur les deux labels qu’il a fondés, Something Else et DiN. Quant à Mark Shreeve, s’il a connu la gloire en écrivant les tubes de Samantha Fox, il semble avoir parcouru un chemin inverse, passant des motifs minimalistes à la John Carpenter de ses années en solo aux séquences typiques d’une Berlin School radicale avec son groupe Redshift, au milieu des années 90. Depuis quinze ans, Boddy et Shreeve collaborent sous l’appellation ARC.

ARC (Ian Boddy et Mark Shreeve) @ E-Live 2013 / photo S. Mazars
Invités régulièrement à E-Live (ARC était la tête d'affiche 2007, Ian Boddy est venu en 2000 et 2006 en solo, Mark Shreeve en 2004 avec Redshift), les deux hommes ont l’âge de sortir leurs lunettes de vue avant de s’installer derrière leurs claviers. Mais dans un tel décor, ils respirent l’élégance et la classe. Dès les premières notes de leur prestation, les auditeurs savent qu’ils vont assister à un moment classique. Immobile et concentré, Mark Shreeve ne prononce pas un mot, tandis que Ian Boddy, survolté, agite sa queue de cheval au rythme des pulsations de leurs séquenceurs, monstrueusement épaisses et continuellement changeantes, comme à la grande époque de Tangerine Dream version Ricochet. ARC excelle dans un registre sombre, majestueux, parfois angoissant. Mais le rappel, aérien et mélancolique, dévoile la large palette d'émotions que le duo sait provoquer avec si peu de matériel. Ce soir, Ian Boddy et Mark Shreeve démontrent tout simplement qu'ils font et feront toujours partie des maîtres de l'électronique.

Contrairement au festival Electronic Circus, qui a diversifié sa programmation, E-Live reste fidèle à la Berlin School traditionnelle. Avec quelque 300 visiteurs cette année, son affluence reste comparable à celle de son homologue allemand. Et si la plupart des musiciens à l'affiche commencent doucement à grisonner, la relève semble assurée aux Pays-Bas en la personne de Jeffrey Haster, alias Synthex, invité par Ron Boots à présenter son second album et qui n'a que 15 ans. Soit l'âge du festival.

>> Interview de Ian Boddy
>> Interview de Ron Boots