Stephan Steiner et
Albin Paulus font partie des musiciens les plus accomplis de la scène folk
autrichienne. Membres de plusieurs formations, dont le réputé quatuor Hotel
Palindrone, ils collaborent aussi régulièrement avec le pionnier allemand de la
musique électronique Hans Joachim Roedelius au sein du groupe Tempus Transit,
alliance étonnante entre instruments acoustiques et électroniques, entre les
traditions les plus anciennes et les outils les plus sophistiqués. Authentiques
troubadours des temps modernes, Steiner & Paulus maîtrisent un vaste
répertoire, arrangent leurs propres compositions et jouent de tous les
instruments, quand ils ne les fabriquent pas eux-mêmes. Ils expliquent tout
lors d'une entrevue au More Ohr Less Festival, auquel ils participent
régulièrement, soit pour jouer soit pour animer des ateliers musicaux.
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| Steiner & Paulus – à gauche : Stephan « Stoney » Steiner, à droite : Albin Paulus |
Lunz am
See, le 8 août 2015
Albin, Stephan, d'où vous
vient cette passion pour la musique : est-ce dans la famille ? Avez-vous suivi
une formation ?
Albin Paulus – Je
viens d'une famille seulement à moitié « musicale ». Ma mère joue du piano et
pratique le yodel, mais mes parents n'ont jamais été musiciens professionnels. En
revanche, nous avions l'habitude de nous asseoir ensemble le soir et de chanter
en famille.
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| Albin Paulus avec Tempus Transit, More Ohr Less 2014 |
Stephan « Stoney »
Steiner – J'aurais pu employer les mêmes mots qu'Albin. Ma mère jouait
aussi très bien et très souvent du clavier, mais de moins en moins à l'époque
où ma sœur et moi avons grandi. Pour nos parents, il était toutefois très
important que nous soyons en contact avec la musique. Ils ont toujours tenté de
stimuler notre intérêt. Je pense que ce fut également le cas pour Albin.
Albin – C'est
vrai, mes parents m'ont toujours soutenu dans cette voie.
Vous souvenez-vous de
votre histoire musicale ? Par quel instrument avez-vous débuté ? Quels autres
instruments ont suivi ?
Stoney – J'ai
commencé à suivre des cours de musique dès l'école primaire. Comme tous les
petits Autrichiens, j'ai appris la flûte à bec. A partir de 9 ans, je me suis
mis au violon, puis j'ai fait partie d'un chœur d'enfants.
Albin – Quant à
moi, j'ai débuté à l'âge de 5 ans avec la guimbarde ! J'ai appris tout seul,
en autodidacte. Les cours de flûte à bec n'ont commencé qu'un an plus tard,
jusqu'à l'âge de 10 ans. Ont suivi, dans l'ordre, la clarinette, les claviers
puis le saxophone à l'école de musique. Car à 16 ans, j'ai passé un concours
d'entrée qui m'a permis d'intégrer une école spécialisée, la Musikhochschule
de Hanovre, l'équivalent de votre conservatoire. En effet, même si ma famille
est originaire de Vienne, nous habitions alors en Allemagne, à Brunswick, non
loin de Hanovre.
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| Stephan Steiner avec Tempus Transit, More Ohr Less 2014 |
Stoney – En fait,
je me rends compte à présent que, de mon côté aussi, je n'ai pas débuté avec la
flûte à bec mais, comme toi Albin, avec un autre instrument en autodidacte. A 4
ans, quelqu'un de ma famille – je ne me souviens plus s'il s'agissait de ma
tante ou de ma grand-mère – m'a amené dans un magasin de jouets et m'a acheté
le jouet de mon choix. J'ai pris un mélodica pour enfant. Il n'avait pas
toutes les touches d'un vrai clavier, mais ça fonctionnait très bien. C'est
donc le mélodica le premier instrument de ma « carrière musicale » ! Mon
affinité plus tardive avec les accordéons ou les bandonéons vient probablement
de cette première expérience.
De cette familiarité
avec de tels instruments vient peut-être aussi votre intérêt pour la musique
folk ?
Albin – J'ai
plutôt hérité cela de mon père. Son expérience de la musique se bornait à
plaquer trois accords sur une guitare de temps à autres. En revanche, il
écoutait énormément de musique folk, surtout grâce à une émission de radio
d'Allemagne de l'Est qu'on captait à Brunswick et qui diffusait des morceaux
traditionnels de Hongrie, de Bulgarie et des pays de l'Est. J'ai trouvé cette
musique fascinante à l'extrême. C'est la raison pour laquelle je me suis
intéressé si tôt à la cornemuse. Avant 10 ans, j'essayais déjà d'en construire
une moi-même avec des sacs en plastique.
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| Stoney au violon lors d'un workshop folk, MOL 2015 |
Ce que tu fais encore
aujourd'hui.
Albin – J'ai
commencé à étudier la cornemuse très sérieusement à l'âge de 21 ans et, très
vite, à concevoir divers instruments à partir de matériaux de récupération : des
déchets, du matériel de construction, des bouts en plastique et même, à la
manière des hommes des cavernes, des os, des roseaux, etc.
Stoney – Sylvain,
je ne sais pas si tu es au courant, mais Albin mène un projet parallèle, Cantlon,
spécialisé dans la musique de l'âge du fer, c'est-à-dire la grande époque des
Celtes, depuis l'an 800 avant J.-C. jusqu'au début de notre ère.
Comment
connaissons-nous encore cette musique ?
Albin – On n'en
connait plus que les instruments. Certains ont été retrouvés lors de fouilles,
d'autres sont représentés visuellement sur diverses œuvres picturales. Mais on ignore
tout des mélodies.
Stoney – Oui,
mais rien que cela nous donne déjà une bonne idée des techniques de jeu de
l'époque. Dans le cadre de Cantlon, Albin a reconstitué lui-même pas mal
d'instruments disparus, mais aussi des instruments qui existent encore de nos
jours comme la lyre, la flûte de pan ou la krar.
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| Albin Paulus avec Hotel Palindrone, More Ohr Less 2015 |
Albin – La krar
est encore utilisée en Afrique, tout comme la lyre, qu'on trouve aussi autour
de la mer Baltique.
Vous maîtrisez un
répertoire apparemment inépuisable. Cela ne peut venir que de connaissances
solides en histoire de la musique.
Stoney – Nous
avons étudié tous deux la musicologie. C'est d'ailleurs ainsi que nous nous
sommes rencontrés. J'ai connu Albin alors qu'il n'était encore que
clarinettiste, peu de temps avant l'acquisition de sa première cornemuse. Il faisait
déjà preuve d'un grand intérêt pour la musique folk. Un camarade nous avait
invités un soir à jouer de vieilles danses viennoises du début du XIXe siècle. C'est
là que nous nous sommes croisés pour la première fois. Nous avons aussitôt
découvert nos points communs. Nous avons surtout compris à quel point nous
prenions du plaisir à jouer ensemble. Nous n'avons jamais cessé depuis. A
présent, nous gravitons autour d'une véritable constellation de formations, Hotel
Palindrone représentant le fil rouge de notre carrière.
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| Steiner & Paulus avec Roedelius et Heidelinde Gratzl, MOL 2014 |
J'ai eu la chance de
voir Hotel Palindrone avant-hier sur la scène du More Ohr Less Festival. En
dehors d'Hotel Palindrone, pouvez-vous citer les principaux groupes dont vous
faites partie ?
Stoney – Eh bien,
pour commencer, nous avons notre duo, Steiner & Paulus, mais nous jouons
aussi de plus en plus souvent à trois avec Heidelinde Gratzl, l'accordéoniste
qui nous accompagnait l'année dernière lors du concert de Tempus Transit. Malheureusement,
elle n'a pas pu se libérer cette année. Il y a tellement de projets, c'est à
peine croyable !
Albin – Ce sont
des projets ouverts. Toutes les combinaisons sont possibles, mais seulement
quatre d'entre eux ont une existence tangible, concrétisée par des sorties de CD
et des concerts. L'un d'eux, Schikaneders Jugend, un trio cornemuse – vielle à
roue – chalemie (l'ancêtre du hautbois), joue exclusivement de la musique
populaire du XVIIIe siècle, que nous tâchons de reconstituer à partir des
manuscrits, des représentations et des récits qui sont parvenus jusqu'à nous.
Il nous arrive aussi de réimporter en musique folk de grandes œuvres
classiques.
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| Albin Paulus & Stephan Steiner (source : www.albinpaulus.folx.org) |
Mozart et Haydn, par exemple, ont beaucoup entendu cette musique
folk et ils la citent souvent dans leurs compositions. Les frontières entre les
genres n'étaient pas aussi nettes qu'aujourd'hui, il y avait de nombreuses
passerelles. La séparation entre musique populaire et musique savante est venue
plus tard. Je collabore à plein d'autres groupes, notamment un ensemble de
musique classique ancienne qui m'invite régulièrement à jouer de la guimbarde.
Stoney – De mon
côté, je travaille avec la chanteuse Katrin Navessi, mi-Viennoise mi-Iranienne,
et avec Harlequin's Glance, une formation folk-rock qui écrit aussi ses propres
chansons. Mais bon : « folk » n'est qu'une étiquette, qui pour moi signifie
surtout la tradition musicale occidentale, acoustique, mais qui peut aller
jusqu'au courant folk américain de Tom Waits et Bob Dylan.
Et puis, vous l'avez
cité, il y a Tempus Transit, votre projet commun avec Hans Joachim Roedelius.
Comment vous êtes-vous connus ?
Albin – C'est Stoney
qui l'a rencontré en premier.
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| Tempus Transit live @ More Ohr Less 2015 |
Stoney – J'ai
grandi à Baden, près de Vienne, où Achim s'était installé. Baden est une petite
station thermale bien tranquille qui accueille énormément de curistes. A
l'époque, dès la fin de mes années de lycée, j'ai commencé à jouer dans la rue,
dans la très jolie zone piétonne de la ville. Il s'agissait essentiellement d
improvisations au violon. Ce ne serait plus possible de nos jours, les règles
édictées par les municipalités sont de plus en plus strictes. Mais c'était
alors permis, et ce fut pour moi une véritable chance, car la musique de rue a
été la principale source de financement de mes études au conservatoire. Un
jour, Achim passait par là. Il s'est arrêté et nous avons échangé quelques
mots.
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| Stephan Steiner, Hans Joachim Roedelius & Albin Paulus |
C'est ainsi que tout a commencé. Je l’ai vu pour la première fois sur
scène vers 1990 lors des
Sezessionstage,
un festival qui se déroulait dans les vieux bains municipaux de Baden, où il
m’avait invité. De fil en aiguille, nous avons commencé à jouer ensemble, chez
lui dans sa maison, et en studio. J’ai participé à quelques-uns de ses disques,
comme
Pink, Blue And Amber (1996) et
Lieder vom Steinfeld (2003).
Albin – Nous
adorons jouer avec Achim au sein de Tempus Transit. Achim apporte son
expérience de la musique électronique. Tu connais l’album de Cluster, Zuckerzeit ? C’est un peu de là que
nous partons. En réalité, nous jouons plus ou moins sa musique, que nous
revisitons avec nos instruments acoustiques, lui-même revenant essentiellement
au piano, avec une large part d’improvisation.
Hans Joachim
Roedelius est une exception, même dans le domaine de la musique électronique,
puisqu’il s’intéresse aussi à la musique ancienne.
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| Le wobblephone (capture d'écran) |
Albin – Et
inversement, c’est lui qui m’a fait découvrir la musique électronique. A tel
point qu’avec Petter Natterer [l’un des partenaires d’Albin et Stoney au sein
d’Hotel Palindrone], nous avons fondé Biowobble, un duo électronique… sans
instruments électroniques. Tu vois, encore une autre combinaison de
musiciens ! Notre programme s’appelle, un peu ironiquement, « Ich
kann nicht elektronik ». Peter se charge de la basse et du beatbox tandis
que je joue de la cornemuse ou du wobblephone, un instrument de mon invention.
J’adore cet instrument. J'aime la couleur, j'aime l'aspect, les matériaux. J'ai
assemblé des profilés d'aluminium trouvés au Bricomarché avec des canalisations
en PVC, et même un bouchon de bonde ! J'ai posté une vidéo sur YouTube. Depuis,
plein d'amis qui l'ont vue partout dans le monde se sont mis à construire des
instruments à partir de matériaux de récupération de ce type. Tout cela vient
de l’influence directe d’Achim.
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| Albin & Stoney (source : www.albinpaulus.folx.org) |
L’un et l’autre,
êtes-vous devenus musiciens professionnels ?
Albin – Oui. La
naissance de ma carrière professionnelle remonte à mes premiers concerts de
guimbarde aux côté d’orchestres classiques et folk. Ainsi, en 1993, j'ai été
invité pour la première fois à jouer sur une énorme scène par le grand
compositeur et chef d'orchestre autrichien Paul Angerer. Je n'avais aucune
expérience, mais le cachet qui m’a été attribué était si colossal – du moins
pour moi à l’époque – qu’il m’a permis de tenir 10 mois. Je me suis dit :
« pourquoi chercher un autre job si je peux obtenir régulièrement de tels
cachets ? » En plus, j’adorais ça. Je découvrais qu’on pouvait gagner
de l’argent tout en se faisant plaisir. Jamais je n’aurais pu planifier une
chose pareille.
Stoney – Je suis
également professionnel. De mon côté aussi, je ne voyais pas du tout cela comme
un objectif. Je n’y pensais pas en permanence. En même temps, quand on joue de
la folk et qu'on étudie la musicologie, c'est souvent l’étape suivante. Tout
s’est mis en place assez lentement. Après avoir étudié la musique sacrée dans
les années 90, toujours au conservatoire de Vienne, je suis devenu chef de chœur.
Ça m’a par la suite été très utile pour les arrangements. Surtout, j’ai
commencé à animer des ateliers et des bootcamps
de musique un peu partout en Europe. Dernièrement, environ 80 jeunes et adultes
de toutes nationalités se sont retrouvés à l'occasion de l'un de ces camps en
Slovénie.
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| En route pour l'atelier yodel avec Steiner & Paulus à Lunz |
Avez-vous un genre ou
une pièce de prédilection ?
Albin – Je joue tout
avec plaisir. Même nos vieux morceaux un peu usés.
Stoney – Je raisonne
plutôt en termes d’association d'instruments. J'aime le mélange de la guimbarde
et du violon, et celui de la clarinette ou de la bombarde avec l'accordéon.
Albin – En effet,
c'est une bonne manière de voir les choses.
Stoney – Nos
vieux morceaux usés, comme tu dis, nous pouvons toujours les réarranger selon
les associations d’instruments qui nous plaisent.
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| Hotel Palindrone live @ More Ohr Less 2015 |
Tout au long de ce
12e festival More Ohr Less, vous avez été très occupés par vos divers ateliers
[l’atelier folk/danse pour Stoney, l’atelier yodel pour Albin]. Avez-vous
seulement pu répéter avant votre concert avec Hotel Palindrone ?
Albin – Nous
avons répété après ! Pour un autre concert ! Il faut dire que sur la Seebühne
de Lunz, nous avons interprété le répertoire d’Hotel Palindrone que nous
connaissons déjà très bien.
Stoney – A
l’exception de La Manfredina & La Rotta, qui sont assez neuves dans notre
programme, ainsi que le rappel, Kuturerbiak,
un morceau composé par Albin.
Albin – C’est en
effet notre dernier morceau en date, que nous avons joué à Linz en avril
dernier. Le titre évoque la guimbarde, qui en 2012 a été élevée au rang de
patrimoine mondial de l'Unesco.
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| Hotel Palindrone (photo : Julia Wesely) |
Hotel Palindrone joue
partout ?
Albin – Partout
dans le monde, oui. Nous nous produisons principalement dans les pays de langue
allemande, l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse, mais aussi ailleurs en Europe, dans
différents festivals folks. En tout, nous avons joué dans 25 pays, y compris la Russie, et même une fois au
Mexique et une fois en Malaisie.
Stoney – Et bien
sûr aussi en France, régulièrement.
Albin – Oui,
notamment à Saint-Chartier, en Berry, et depuis peu au Château d'Ars, qui est
devenu la Mecque
française de la musique folk depuis qu’il accueille les « Rencontres
internationales des luthiers et maîtres-sonneurs ». Au début, l’événement
accueillait jusqu’à 6000 participants. C’est devenu plus modeste avec les
années.
Stoney – Il
s’agit d’un point de rendez-vous très important pour le développement de la
nouvelle scène folk et traditionnelle en France. Et d’une véritable foire de
musique. Cornemuses, accordéons diatoniques, vielles à roue, chalemies, flûtes,
percussions : une centaine de fabricants y exposent. C’est là que nous
avons acheté ou commandé un grand nombre de nos instruments. C’est aussi là que
j’ai eu mon premier contact avec la nyckelharpa. Si on veut découvrir la musique
folk, c’est le lieu à visiter en premier.
Albin – Pour
info, je joue de temps en temps avec un groupe français, l'Ensemble baroque de
Limoges.
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| Hotel Palindrone (photo : Ian Smith) |
Dernière question : êtes-vous déjà venus
à Strasbourg ?
Albin – Non mais
vraiment tout près, à Sasbachwalden, de l’autre côté de la frontière, en
Forêt-Noire.
Stoney – Et deux
ou trois fois à Fribourg-en-Brisgau. Christina Sanoll, la manager d’Hotel Palindrone, nous a cependant expliqué que
ce n’est pas si simple de passer la frontière. Le marché français des tourneurs
est très fermé. Il y a peu de contacts de part et d’autre du Rhin. Cela dit, ce
serait une grande joie.
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