Déjà présent lors de l'édition 2014 du festival Electronic Circus, le duo romain Alerick Project, composé d'Alessandro Ghera et Riccardo Fortuna, était à nouveau l'hôte de Frank Gerber et Hans-Hermann Hess cette année, cette fois à l'occasion de la traditionnelle Gartenparty organisée à Hamm. Hasard du calendrier, ce second concert des Italiens chez les Allemands était programmé le jour du quart de finale de l'Euro de football entre les deux pays. Le concert débutait même au coup d'envoi. Les deux hommes, qui en profitaient pour présenter leur second opus, Hypnoize, étaient accompagnés sur scène par une figure familière, leur ami Gabriele Quirici, alias Perceptual Defence, bien connu pour ses albums ambient publiés chez SynGate. Le lendemain, entre les croissants et le café au lait, le groupe se laissait aller à quelques confidences.
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| Alerick Project (Alessandro Ghera, Riccardo Fortuna) |
Hamm, le 3 juillet 2016
Comment est né
Alerick Project ?
Riccardo Fortuna –
Nous sommes des amis de longue date. Nous nous connaissons depuis l'école
primaire. Mais ce n'est qu'il y a un peu plus de trois ans que nous avons
décidé de faire de la musique ensemble. J'ai étudié la musique dès l'âge de six
ans. J'ai appris le piano, puis je me suis mis à la basse, à la batterie, et
enfin à la guitare rythmique. Je suis un inconditionnel de la pop des années
80. En parallèle, je joue d'ailleurs aussi dans un groupe rock qui s'appelle
Ladri di Mescal. Alessandro, lui, est plutôt fan de la scène allemande
traditionnelle.
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| Alerick Project live @ Winnies Schwingungen Gartenparty 2016 |
Tu es donc musicien
professionnel, Riccardo ? Et toi, Alessandro ?
RF – Non, mais je
l'espère. Je gagne ma vie comme graphiste freelance, et je travaille aussi un
peu dans la musique, comme ingénieur du son. J'ai étudié le métier, et
notamment l'utilisation des logiciels comme Nuendo.
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| Alerick Project – One Way (2014) |
Revenons à vos débuts.
AG – Pour notre
premier album, One Way, nous avons
donc commencé à puiser dans mes archives.
RF – Des archives
gigantesques !
AG – Tu exagères.
Mais assez importantes, c'est vrai, pour explorer différents styles de musique
électronique en même temps, de ne pas nous cantonner à un genre. Nous mélangeons
ambient, lounge et musique électronique traditionnelle. Entre Riccardo et
moi, c'était une sorte de pari, nous qui avons des backgrounds si différents…
RF – Et ça
fonctionne !
AG – Je ne sais pas si ça fonctionne. En tout cas, nous
y prenons beaucoup de plaisir. Nous avons mis un an à peaufiner le disque.
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| Alerick Project live @ Electronic Circus 2014 |
AG – J'écume les
festivals européens depuis des années. Néanmoins, ma première expérience ne fut
pas l'Electronic Circus, mais le E-Live, à l'époque où il se déroulait encore à
Eindhoven. C'était en 2004. Je garde un vif souvenir du concert de Redshift. En
2013, nous sommes allés ensemble à l'Electronic Circus. C'est là que nous
sommes tombés sur Hans-Hermann Hess. De manière très informelle, nous avons
parlé de notre musique et il nous a dit : « La prochaine fois que vous venez,
ce sera sur scène ». C'est exactement ce qui s'est produit l'année suivante.
Cette première participation
à l'Electronic Circus, c'était votre premier concert hors d'Italie ?
RF – C'était
notre premier concert tout court ! Et hier soir le second. C'est notre rêve de
jouer un jour chez nous, en Italie.
AG – Nous sommes
actuellement en contact avec une association à Rome, dont je n'ai découvert
l'existence qu'il y a quelques mois. Ils organisent un événement, nous avons
donc fait une demande pour y jouer l'année prochaine. On verra bien. L'Italie a
une expérience bien différente de la musique électronique que les pays comme
l'Allemagne, les Pays-Bas ou la
Belgique. Si tu demandes à un jeune Italien ce que c'est pour
lui la musique électronique, il te répondra probablement : DJ set. A la limite, les jeunes ont peut-être entendu parler de
Kraftwerk, mais jamais de la vie de Tangerine Dream. Il n'y a pas cette
tradition en Italie. Les promoteurs veulent programmer des DJ, il n'y a donc pas
beaucoup de place pour des gens comme nous.
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| Alerick Project (Alessandro Ghera, Riccardo Fortuna) |
RF – Et pourtant, nous produisons une musique qui n'est pas si différente, par certains aspects. Elle est assez rythmée. Il nous arrive de nous laisser contaminer par le beat.
Contaminer ? Le mot
est intéressant. Est-ce une concession que vous faites à l'air du temps ? Parce
qu'il faut bien avoir du rythme ?
AG – Pas du tout,
ce n'est pas un gros mot. Je le conçois positivement. Nous avons des morceaux
très ambient. D'autres plus énergiques.
Et parfois, nous avons besoin d'introduire du beat. C'est presque vital pour nous… pour nos oreilles ! Le son de
la techno, de la trance, ça peut être
extraordinaire.
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| Alessandro Ghera @ Electronic Circus 2014 |
AG – Je suis un
grand amateur de musique baroque italienne, en particulier des compositeurs
vénitiens, Vivaldi, Albinoni, Benedetto Marcello, Arcangelo Corelli. Un jour,
au studio, pour m'amuser j'ai commencé à jouer un petit air qu'Ennio Morricone
avait utilisé pour le film Mission. Le
morceau n'a jamais figuré sur la
BO. Nous avons décidé d'en créer notre propre version.
RF – C'est une
sorte d'hommage.
Ce mélange de
classique et d'électronique, voilà quelque chose que vous avez en commun avec
Roedelius.
AG – En effet, un
album comme Roedeliusweg a un côté
très symphonique. J'ai apprécié d'avoir eu l'opportunité d'introduire ce petit
échantillon d'héritage classique dans notre musique. Ainsi, on n'est pas dans
le tout électronique.
AG – Nous connaissons
Gabriele depuis peu...
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| Alerick Project et Gabriele Quirici @ Schwingungen Gartenparty 2016 |
Quel était le rôle de Gabriele pendant le show ?
AG – Il s'est
occupé de tous les passages ambient,
et en particulier des transitions entre chaque morceau. Je n'aime pas quand il
y a des pauses entre les titres pendant les concerts. C'est pourquoi je lui ai
demandé s'il voulait bien créer quelque chose pour Alerick Project.
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| Alerick Project – Hypnoize (2016) |
Est-ce si différent ? J'y réfléchissais l'autre jour. Ecoutons Bach. Que fait-il, sinon des arpèges ? Et que fait un séquenceur ? Exactement la même chose. Il suffit d'écouter Ricochet, de Tangerine Dream.
AG – Il y a un
meilleur exemple : savais-tu que la fin du morceau Force majeure, de TD, est en fait une reprise de La Follia
d'Arcangelo Corelli ? C'est même ainsi que j'ai découvert la musique baroque :
après avoir écouté Tangerine Dream. Je me suis plongé dedans comme un fou, j'ai
même fouillé chez tous les disquaires pour glaner tout ce que je pouvais
trouver de Corelli.
RF – En mai
dernier, nous avons publié notre second album, Hypnoize, aussi avons-nous décidé de nous reposer pour le moment. Mais après l'été,
nous retournerons probablement en studio.
>> Alerick Project sur Bandcamp



















