En 2014, Hans-Joachim
Roedelius avait choisi de célébrer ses 80 ans en invitant quelques amis à venir
jouer à Porgy&Bess, célèbre club de jazz viennois. Cette année, il remettait
le couvert au même endroit le jour même de son 85e anniversaire. Presque tous
les habitués de More Ohr Less étaient au rendez-vous, si bien que la soirée
ressemblait à une sorte de concentré du festival.
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| Hans-Joachim Roedelius @ Porgy&Bess |
Vienne (Autriche), le 26 octobre 2019
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| Un message de H. Grönemeyer |
A 85 ans, Hans-Joachim Roedelius est plus créatif que
jamais. Très demandé partout dans le monde – il a tourné ce printemps aux
Etats-Unis et il est attendu à Londres le 13 décembre prochain –, il est aussi
actif en studio, où de nombreuses collaborations l'occupent. Il y a deux ans,
il publiait l'album
Enfluss en
collaboration avec Arnold Kasar sur le prestigieux label Deutsche Grammophon.
La même année, dans une tout autre ambiance, il participait au disque de drones
de son ami Carl Michael von Hausswolff,
Nordlicht,
publié par Curious Music. L'année passée, il a sorti
Imagori II, son second opus avec Christoph H. Müller du Gotan
Project, que son ami, la star de la chanson Herbert Grönemeyer, s'est fait un
plaisir de publier sur son label Grönland Records. Et bien sûr, il y avait
cette année
Lunz 3, fruit de la
dernière collaboration en date avec le compositeur américain Tim Story.
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| Hans-Joachim Roedelius, Lukas Lauermann, Tim Story |
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| Roedelius + Müller |
Bien sûr, la part d'Achim à ces différentes œuvres est plus
ou moins importante.
Imagori est
essentiellement à mettre au crédit de Müller. Mais sur
Lunz 3, Tim Story fait office d'accompagnateur, qui met en valeur,
par ses interventions, les improvisations au piano si caractéristiques du « son
» Roedelius. D'autres projets sont à venir. Ce printemps, lors de sa tournée
américaine, Roedelius a eu l'occasion d'enregistrer plusieurs morceaux avec
Wolfgang Mathes, musicien allemand résidant sur l'île de Galiano, au large de
Vancouver. La sortie du disque, intitulé
Glücksbringer,
est imminente. Dans l'Ohio, chez Tim Story, Roedelius s'est également assis au
piano pour de longues séances improvisées. Les premières esquisses témoignent
d'une inspiration au sommet. Si l'album sort, ce sera peut-être l'un de ses
meilleurs.
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| Harald Blüchel |
Pour fêter son anniversaire, il fallait donc s'attendre à un
peu plus qu'un gros gâteau à partager dans son jardin. Comme il y a cinq ans,
le clan Roedelius a investi Porgy&Bess, le prestigieux club de jazz du
centre de Vienne, à deux pas de la cathédrale Saint-Etienne, pour une soirée de
célébration très particulière. Et à l'exception de Christopher Chaplin, tous
les habitués du festival More Ohr Less ou presque ont répondu présent. Du reste,
Chaplin n'a pas manqué d'envoyer ses meilleurs vœux en vidéo, de même que
Herbert Grönemeyer, qui se fendait même d'une petite chanson bilingue
franco-allemande pour l'occasion.
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| BeilStein aus dem Keltenkalk @ Porgy&Bess |
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| Roedelius + Mathes |
Après une brève introduction par le journaliste Klaus
Totzler, Achim revenait sur quelques moments importants de son existence
mouvementée, d'abord pendant la guerre, puis dans les geôles d'Allemagne de
l'Est, avant d'en venir à sa musique. De Kluster avec K à Qluster avec Q,
c'était l'occasion de se rendre compte de l'immense héritage qu'on lui doit.
Sans lui, l'histoire de la musique aurait été bien différente, et certainement
plus pauvre.
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| Hausswolff |
Sur la scène de Porgy&Bess, pas moins de 17 musiciens se
sont succédé pour près de trois heures de spectacle. Autant dire que certains
ont eu à peine le temps de brancher leurs instruments que, déjà, Achim appelait
en coulisses les suivants. Pêle-mêle, les arpèges de violoncelle de Lukas
Lauermann croisaient les drones menaçants de Carl Michael von Hausswolff, les
danses médiévales de BeilStein côtoyaient les nappes planantes de Tim Story,
les rythmes des Balkans de Tempus Transit succédaient aux sons de cathédrale de
Wolfgang Mathes, le yodel et le chant diphonique d’Albin Paulus faisaient écho
aux rythmes électroniques de Christoph H. Müller, les ricochets de piano de
Harald Blüchel répondaient à la poésie de Hans-Joachim. Depuis quelques temps
déjà, Achim composait un poème dédié à son épouse Christine-Martha, sans
laquelle Roedelius ne serait pas Roedelius. D'une certaine manière, quand on y
songe, c'est finalement à elle que la musique électronique doit son
développement ces quarante dernières années !
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| Tempus Transit (Heidelinde Gratzl, Albin Paulus, Stephan Steiner) |
En tout cas, comme le rappelle
Achim, c'est elle qui fut à l'origine du festival More Ohr Less, où tous ces
musiciens si différents par leurs racines, leur style et leurs goûts, ont pu se
rencontrer, apprendre à ce connaître, et même, pour certains d'entre eux, créer
ensemble de nouvelles œuvres. La soirée à Porgy&Bess était une occasion similaire
de telles rencontres. Pour y participer, Wolfgang Mathes a parcouru plus de
8500 kilomètres depuis Galiano Island. De son côté, Carl Michael von Hausswolff,
arrivé directement de l'aéroport depuis la Suède, devait y retourner dans la
nuit aussitôt après le show.
Les habitués de Porgy&Bess, accoutumés au jazz ou à la
musique cubaine, ont dû être bien surpris de la vitalité de ce Hans-Joachim
Roedelius qu'on leur présente comme le pionnier-de-la-musique-électronique, et
de la tempête de notes que son anniversaire a provoquée dans leur club préféré.
Qu'ils s'y fassent : Christine-Martha a déjà annoncé vouloir y organiser le 90e
anniversaire d'Achim.
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| Hans-Joachim Roedelius @ Porgy&Bess |